Cars : Sur la Route | Séries » Autres Séries Animées Disney & Pixar

Publie le 12 novembre 2022

Cars : Sur la Route est une série de neuf courts-métrages centrés sur les personnages du film Pixar sorti en 2006, Cars – Quatre Roues.

Cars – Quatre Roues a décidément un parcours atypique dans le catalogue de Pixar. Malgré sa grande qualité, les critiques du monde entier se sont en effet montrées, à l’époque de sa sortie, plus que réservées à son égard tandis que le public, en dehors des États-Unis, l’a carrément boudé. La France, par exemple, l’a accueilli froidement, lui offrant le rang peu glorieux de premier flop au box-office d’un film pixarien. Commençant sa carrière sous de mauvais auspices, il se rattrape toutefois par la suite. Déjà, Ratatouille ou WALL•E ont fait pire que lui sur le sol américain au regard de leurs recettes en salles. Ensuite, il remporte, auprès des critiques étrangères de Los Angeles, le prestigieux Golden Globe du meilleur film d’animation. Enfin, son édition DVD s’arrache en 2006, décrochant le titre de meilleure vente de l’année pour un long-métrage animé.

Et que dire du marchandisage autour de Cars – Quatre Roues ! Flash McQueen et ses amis de Radiator Spring sont devenus, en deux temps, trois mouvements, l’une des franchises les plus rentables des studios Disney. Aucun secteur (jouets, livres, jeux vidéos, habillement, accessoires…) n’échappe à l’engouement qu’ils suscitent, générant au passage des milliards de dollars de recettes pour l’Oncle Picsou.

Face à cette déferlante à retardement, The Walt Disney Company ne pouvait rester inerte. L’occasion est, en effet, trop belle pour elle qui s’est efforcée, par exemple avec La Fée Clochette, de créer le même phénomène. Et quoi de mieux pour soutenir les ventes que de maintenir les personnages sur le devant de la scène. La synergie du groupe Disney se met alors en marche.

Déjà, la division des Parcs à thèmes fait son œuvre. Outre la présence des personnages dans les différents resorts du monde entier, des attractions dédiées à Cars – Quatre Roues sont lancées. Le Parc Walt Disney Studios à Paris dégaine le premier et inaugure en 2008 une attraction à destination des plus jeunes, Cars – Quatre Roues Rallye tandis que Disney California Adventure à Anaheim programme pour 2012 un land, justement nommé Cars Land, entièrement dédié au film de John Lasseter et regroupant pas moins de trois nouvelles attractions dont une E Ticket, la magnifique Radiator Springs Racers. Ensuite, la division cinéma prend le relais et prépare pour le 24 juin 2011 Cars 2, une suite du film de référence pour les salles obscures. Malheureusement, Cars 2 montrera pour la première fois que le studio de Luxo Jr. peut connaître l’échec, du moins artistique. Cette suite centrée sur le personnage de Martin devenu un pathétique espion est sûrement le pire film Pixar jamais produit.

blank

En attendant, pour faire patienter le public avant la sortie de Cars 2, la branche télévision ferme le rang en offrant aux personnages la possibilité de débouler sur le petit écran. Une mini série télévisée – plus exactement des petits courts-métrages sur le même thème – débarque conjointement sur Disney Channel, Toon Disney et ABC Family aux États-Unis et sur Disney Channel et Disney Cinemagic en France. Les épisodes prennent l’apparence de petits intermèdes de 2 à 3 minutes dans lesquels Martin raconte à Flash McQueen une fable sur sa vie passée. Les Cars Toon sont nés : six sont proposés à la télévision (Martin à la Rescousse, Martin Le Grand, El Martindor, Martin Volant Non Identifié, Martin Poids Lourd et Heavy Metal Martin), un au cinéma (Tokyo Martin) et les deux derniers (Martin Lunaire, Martin Détective Privé) directement en vidéo.

Après la sortie de Cars 2 et l’ouverture de Cars Land, la franchise bâtie autour de Flash McQueen se met légèrement en retrait. Seuls six autres Cars Toons sont en effet proposés entre 2011 et 2014 : l’un (Air Martin) en même temps que la sortie vidéo en 2011, l’autre (Martin Remonte le Temps) pour promouvoir l’ouverture des attractions en Californie en 2012 et les quatre derniers (Hoquet, Asticoté, Ça Tourne et Les 500½ Miles de Radiator Springs) se voient réunis sous l’appellation Les Contes de Radiator Springs en 2013 et 2014. Alors que tout le monde pense la saga désormais endormie, du moins d’un point de vue cinématographique, Pixar annonce en grande pompe, lors de la D23 Expo 2015, la sortie de Cars 3 pour 2018 avant de finalement l’avancer à l’été 2017 à la suite du décalage de Toy Story 4. Cars 3 revient à une narration plus classique et, même s’il est un long-métrage assez anecdotique, possède un charme certain. Dans son hommage à l’Amérique profonde et son introspection sur la transmission et les choix de vie, il propose une émotion toute simple, portée avec justesse dans un film plaisant rempli d’humilité. La sortie vidéo de cette suite propose alors un cartoon en bonus, L’École de Pilotage de Miss Fritter.

Après cela, l’univers de Cars revient en audiovisuel en 2021 à travers deux cartoons de la série Pixar Popcorn pour Disney+, La Bataille des Créneaux et En Piste avec Cars. La même année, au Parc Walt Disney Studios, l’attraction Studio Tram Tour – Behind the Magic est remplacée par Cars Road Trip, une version au rabais aux couleurs de la franchise de voitures où seul Catastrophe Canyon a encore un semblant d’intérêt.

blank

La série Cars : Sur la Route a été écrite par Steve Purcell qui sert ici de showrunner ainsi que de réalisateur sur trois épisodes. Né en 1961, l’artiste est surtout connu pour être dessinateur, scénariste et créateur des personnages de comics Sam & Max, un duo de policiers freelance composé d’un chien et d’un lapin luttant, à leur manière, contre le crime. Parallèlement à cela, il a participé à la création de l’animation et des images d’arrière-plan de nombreux jeux d’aventure LucasArts à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Après avoir œuvré un temps au sein de la société d’effets spéciaux Industrial Light & Magic sur un film d’animation avorté, Steve Purcell entre chez Pixar et travaille alors sur les scénarios de Cars – Quatre Roues, Martin et la Lumière Fantôme et Ratatouille avant d’accéder au poste de réalisateur-assistant sur Rebelle puis de réalisateur sur le moyen-métrage télévisé Toy Story : Hors du Temps. Décidément multicarte, il fait également une voix dans George et A.J. avant de se mettre à doubler plein de petits figurants dans les œuvres du studio…

blank

Steve Purcell s’inspire pour le concept de Cars : Sur la Route de son enfance, quand sa famille faisait des road trips à travers les États-Unis en passant par de petites routes au lieu de prendre les immenses freeways. Le scénariste a ainsi voulu insister sur la relation unique entre Flash McQueen et Martin, trouvant que leur amitié avait été laissée un peu en suspens dans les dernières productions. Et le côté série de courts-métrages était, selon lui, le meilleur format pour développer le concept. Chaque arrêt du voyage pouvait en effet faire l’objet d’un épisode tout en ayant un style et une ambiance différents. Le fil rouge de la série s’appuie sur le fait que Martin doit traverser le pays pour se rendre au mariage de sa sœur. Il appréhende en fait les retrouvailles avec sa frangine qu’il n’a pas vue depuis des années et convainc donc Flash McQueen de l’accompagner, voulant qu’ils roulent eux-mêmes au lieu de se faire transporter tout en prenant les chemins de traverses. Le début du premier épisode permet ainsi de mettre en place les bases de la série tout en offrant aux habitants de Radiator Springs l’opportunité de faire une courte apparition pour se rappeler au bon souvenir des spectateurs. Il sera également apprécié le générique Cars on the Road écrit et composé par Jake Monaco et interprété en anglais par Bobby Hamrick.

blank

Le premier épisode Le Dino-Parc marque donc la première étape du voyage des deux amis. À travers des flashbacks, le spectateur apprend qu’il y a eu d’autres arrêts entre le début de l’épisode et le générique. Le plus amusant d’entre eux est sûrement celui fait au plus grand écrou du monde qui reprend une scène de l’attraction parisienne Cars Road Trip, la rendant ainsi canon. Mais le gros de l’épisode se déroule lors d’une visite d’un musée de dino-mobile. Pour la séquence de rêverie dans le passé, les animateurs se sont inspirés des films de Ray Harryhausen comme Jason et les Argonautes. Pour cela, en plus de l’apparence des personnages, ils ont changé la vitesse d’animation ainsi que la luminosité des scènes pour leur donner un côté désuet et saccadé. Au final, l’épisode est sympathique mais pas non plus transcendant. Malgré les nombreux clins d’œil, l’entame de la série s’avère avec lui un peu poussive.

blank

Le deuxième épisode, Extinction des Phares, rend lui un double hommage. Tout d’abord, il possède de nombreux clins d’œil à l’attraction The Haunted Mansion présente au Disneyland Park en Californie tout comme au Magic Kingdom à Walt Disney World Resort en Floride. Il sera, par exemple, remarqué le titre de l’épisode inscrit sur le panneau à l’entrée de l’hôtel, la pièce où dansent les fantômes ou encore le hall des portraits qui rappellent tous des éléments emblématiques de l’attraction. L’épisode est aussi un hommage au film Shining de Stanley Kubrick, adapté du roman de Stephen King. Les spectateurs apprécieront notamment les voitures jumelles qui prononcent une phrase proche de celle du film, l’ascenseur qui rejette une vague de liquide de refroidissement là où le long-métrage déversait des litres de sang ou encore l’inscription en rouge marquée « Racecar » à la place de celle de « Redrum » dans Shining. Au final, l’épisode est un sympathique pastiche qui met en avant Flash dans un décor effrayant à souhait.

blank

Le troisième épisode, La Fièvre de la Vitesse, s’inspire lui des fameuses mers de sel de l’Utah, notamment ceux de Bonneville. Le lieu est en fait connu grâce au Bonneville Speedway, une piste tracée sur sa surface, où des véhicules de toutes sortes viennent chaque année essayer de battre les records de vitesse terrestre ; les bolides atteignant entre 500 et 1000 km/h. Il est amusant ici de voir Martin devenir un prototype de voiture destinée à la vitesse pure, lui la camionnette un peu poussive. Il va alors dépasser des vitesses complètement folles et se laisser griser par la performance sans se douter une seconde du danger inhérent à ce genre d’exploit. L’épisode s’amuse aussi à parodier la Faucheuse, nommée ici le Démon du Compteur, une vieille voiture noire avec des ailes.

blank

Le quatrième épisode, La Légende, s’amuse à parodier lui la légende du Bigfoot et les chercheurs de cryptides. Le Bigfoot ou Sasquatch est en effet une créature légendaire qui vivrait au Canada et aux États-Unis. Son nom « Bigfoot » viendrait de sa grande taille présumée et surtout de ses empreintes gigantesques. Ici, il s’avère que le fameux Bigfoot n’est autre qu’Ivy, une ancienne monster truck vivant en ermite. Après avoir capturé Flash et Martin, les deux amis la convainquent de l’aider à se débarrasser des chasseurs de phénomènes surnaturels qui la harcèlent en leur faisant peur une bonne fois pour toute, avec une légende encore plus absurde que le Bigfoot : les enlèvements de terriens par des extraterrestres. L’épisode se termine en ayant cette fois-ci une influence pour la suite de la série puisqu’Ivy décide de suivre Flash et Martin et de partir avec eux à l’aventure.

blank

Le cinquième épisode, Que le Spectacle Commence, est la continuation du précédent puisqu’il va se concentrer sur le nouveau personnage d’Ivy. La monster truck se refait d’abord une beauté dans une station de lavage avant de profiter de tout ce que lui procure sa nouvelle aventure, s’ébahissant devant chaque nuage ou paysage. Les trois amis arrivent alors devant un cirque et Martin et Ivy sont impatients d’en découvrir le spectacle. Flash l’est beaucoup moins car il a étonnamment une peur maladive des clowns. Cet épisode est principalement visuel car il propose de belles chorégraphies d’acrobaties. Les voitures et les avions virevoltent dans une farandole festive. L’effet est encore plus hypnotisant car la scène est vue selon la perception de Flash qui est effrayé et qui ressent la spectacle encore plus intensément, presque de façon hypnotique. Il sera aussi apprécié dans cet épisode la musique de Jake Monaco qui lui donne une vraie identité musicale, accentuant encore plus l’aspect à la fois grandiose et dérangeant des numéros de cirque.

blank

Le sixième épisode, Les Camions, est sûrement l’aventure dont le récit est le plus anecdotique. Le fil rouge de l’épisode est que Martin se lamente auprès de Flash d’être un peu dénigré par les autres camions, n’arrivant pas à se considérer comme faisant partie de cette catégorie de véhicules. Arrivant dans une station-service, les camions autour de lui vont alors commencer à lui chanter une sorte d’hymne pour lui faire comprendre qu’il peut compter sur eux. L’épisode peut être vu plus comme un immense clip vidéo plutôt qu’une histoire scénarisée. La chanson Camions, Trucks en anglais, toujours composée par Jake Monaco, illustre musicalement une séquence aussi visuelle que colorée avec une chorégraphie amusante faisant la part belle aux effets de kaléidoscope ou aux éclairages fluorescents. Rythmé, l’épisode est sympathique bien qu’un peu secondaire.

blank

Le septième épisode, Film de Série B, se moque gentiment des films à faible budget et à la vision artistique proche du néant. Le manque de consistance de la production qui en 24 heures arrive à changer le thème et les protagonistes montrent en effet combien la qualité est sûrement le cadet des soucis, préférant un retour rapide sur investissement à toute autre considération. Le récit de l’épisode s’amuse aussi à voir Flash, toujours parfait en tout point, être incapable de réciter son texte là où le gaffeur Martin dévoile lui un talent inné d’acteur et d’humoriste. Quelques clins d’œil sont également présents comme par exemple la soucoupe volante vue en début d’épisode qui rappelle celle que Martin a rencontrée dans le Cars Toon, Martin Volant Non Identifié. Le logo du studio de cinéma qui tourne le film, Brakelight Pictures, singe pour sa part celui de Searchlight Pictures, appartenant à The Walt Disney Company depuis 2019. L’épisode s’avère sûrement le plus travaillé avec le final. Il se suit ainsi avec plaisir ; l’ambiance de plateau de cinéma dans le monde Cars étant vraiment sympathique.

blank

Le huitième épisode, Des Ennuis sur la Route, est quant à lui une parodie des films Mad Max. Flash et Martin sont en effet perdus dans le désert et tombent sur une tribu bizarre qui semble vivre dans une ambiance post-apocalyptique. Ils sont forcés de participer à un jeu de survie où seul l’un des deux pourra s’en sortir. Mais leurs tortionnaires se désintéressent de leur joute car une bande rivale se met à les attaquer. Obligés de les suivre, les deux amis se rendent compte que cette rivalité dure depuis des années sans que les protagonistes ne sachent exactement quelle en est l’origine. Flash et Martin vont alors tenter de mettre fin à ce conflit sans cause. L’épisode vaut surtout pour son ambiance et les apparences de ces personnages iconoclastes. Ce qui est amusant ici est sûrement les réparties de Flash qui est complètement perplexe devant tout ce qu’il voit.

blank

Enfin, le neuvième et dernier épisode, Le Mariage, conclut la série ainsi que son fil rouge. Déjà, il permet de retrouver le personnage de Cruz Ramirez vu dans Cars 3. Il s’avère en effet qu’elle est la cousine du futur marié, devenant par la force des choses une cousine par alliance de Martin. Le spectateur apprend avec stupéfaction, en même temps que Flash tout aussi surpris, que Martin est en réalité un fils de bonne famille ayant vécu durant sa jeunesse dans un grand manoir. Mais il n’en garde pas des bons souvenirs. Sa relation avec sa sœur est en fait très tendue ; les deux étant toujours dans une perpétuelle compétition. L’épisode passe ainsi la majorité de son récit à voir le frère et la sœur s’affronter dans un tournoi improvisé pour savoir qui est le plus fort. Mais au final, les deux vont comprendre que leur éternelle bagarre vient d’une profonde admiration réciproque. Flash et Martin comprennent aussi que la vie est plus heureuse quand elle est consacrée aux gens aimés, quitte à se laisser le temps avec eux de prendre les petits routes et les chemins de traverse.

blank

Cars : Sur la Route est une petite série sympathique qui ne renouvelle pas la franchise mais qui permet de bien mettre en avant le duo iconique formé par Flash McQueen et Martin. Plutôt à destination des enfants, elle possède tout de même un charme et un niveau de lecture à même de plaire aux parents.


Cars : Sur la Route | Séries » Autres Séries Animées Disney & Pixar