Affrontement informationnel russo

“Sire, j’ai plus besoin de cuisiniers que de diplomates !”. C’est la réponse célèbre que fit Talleyrand au Roi Louis XVIII qui désirait savoir si le chef de la mission diplomatique française au Congrès de Vienne (1814-1815) disposait d’un personnel suffisant pour accomplir sa mission. Avec Antonin Carême, Talleyrand tenait en effet dans sa manche un atout de poids pour replacer, à la chute de l’Empire, la France au centre du jeu diplomatique européen.

Un “Food Power” déjà bien compris par les grandes figures diplomatiques de l’époque, il y a déjà plus de deux siècles. Une reconnaissance que les tractations de coulisses restent tout aussi importantes que les rendez-vous officiels, allant parfois même jusqu’à créer des polémiques, à l’image des fameux Madison Diners de Mike Pompeo.

 

Les tentatives d’appropriation d’une spécificité culinaire

En effet, la gastronomie peut être vecteur d’unification comme le montre Pierre Raffard dans son ouvrage de référence Géopolitique de l’Alimentation et de la Gastronomie (2021). Ainsi, en Italie, La scienza in cucina e l’arte di mangiar bene de Pellegrino Artusi (1891) est tout autant un classique de littérature culinaire qu’un manifeste pour l’Unité italienne de l’époque. Mais elle peut aussi être facteur de dissension, les exemples de pays se disputant par exemple la paternité d’un plat sont nombreux. Les frontières actuelles, souvent héritées de traités et d’accords post-conflits (première et seconde guerres mondiales, guerres d’indépendance coloniales) écrasent souvent les réalités culturelles qui les précèdent en répartissant les peuples entre des pays différents.

Des disputes qui ne sont toutefois pas propres à l’ancien bloc soviétique. Israël et le Liban se disputent ainsi l’origine du houmous, Australie et Nouvelle-Zélande celle de la pavlova, Chili et Pérou du pisco, Arménie, Turquie et Azerbaïdjan celle du lavash, ou les pays du Maghreb celle du couscous (“guerre du couscous”). Avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, il est une querelle culinaire qui revient de plein pied sur le devant de la scène : celle sur l’origine de la soupe Bortsch. Un potage typique de plusieurs pays slaves à base de betterave (qui lui donne sa forte couleur rouge bordeaux), à laquelle viennent s’ajouter de nombreux autres ingrédients (chou, carottes, pommes de terre, oignons, ail ou tomates, viande).

Héritage culinaire de plusieurs pays de l’Est et du centre de l’Europe ; il est appelé barščiai en Lituanie, barszcz en Pologne, боршч (borchtch) en Biélorussie, борщ (borchtch) en Russie et en Ukraine, ou borș en Roumanie. Le 1er juillet 2022, en pleine contre-offensive ukrainienne, l’UNESCO inscrit officiellement le Bortsch sur la “liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente”.

Les deux pays se disputent en réalité depuis des décennies l’origine de ce potage. Les Ukrainiens accusant les Russes d’appropriation culturelle depuis l’ère soviétique et les tentatives d’Anastas Mikoyan, alors commissaire du peuple à l’alimentation sous Staline, de forger une identité soviétique (100 nationalités étaient alors représentées dans l’URSS) au moyen d’une gastronomie standardisée. L’UNESCO vient donc sceller définitivement le débat aux yeux du monde. La question se pose alors de comprendre comment l’Ukraine a obtenu gain de cause en à peine 3 mois et quels sont les enjeux soulevés par cette reconnaissance officielle.

De manière schématique, et hors période conflictuelle, deux enjeux principaux au moins se dégagent derrière la reconnaissance par l’UNESCO de l’origine géographique d’un plat ou d’un bien culturel immatériel.

Premièrement, le pays qui se voit attribuer l’origine du plat débattu en tire un prestige certain. Moteur de cohésion sociale, la fierté nationale soude les peuples et peut être utilisée à des fins politiques par les dirigeants, comme l’a montré à bien des égards la coupe du Monde 2022 (Qatar, Maroc, Argentine notamment). Un prestige qui s’étend aussi à l’international et rejaillit sur les citoyens dudit pays quand ils sont en voyage ou en déplacement professionnel à l’étranger. C’est donc l’image du pays tout en entier et de ses citoyens qui bénéficie d’une telle reconnaissance, même si elle reste difficilement mesurable et parfois éphémère. Un prestige qui rejaillit ensuite sur d’autres échiquiers, notamment économiques.

En effet, l’Homo Economicus, cher à John Stuart Mill, n’est pas aussi rationnel dans sa façon de prendre des décisions qu’il n’y parait. Une association fugace d’idées entre un plat et un pays peut par exemple pousser un individu à orienter sa décision (d’achat, de choix de restaurant, de destination) vers ledit pays plutôt que son “concurrent” n’ayant pas eu la reconnaissance officielle de l’UNESCO.

Quels enjeux derrière cette querelle ?

Une “irrationalité émotionnelle”, qui se décline à plusieurs niveaux dans le domaine économique. Un foodie voyageur se tournera naturellement vers la destination culinairement la plus forte et la mieux reconnue. Sur le plan touristique, la reconnaissance par l’UNESCO est donc très importante, car elle attire des flux de touristes hésitant entre plusieurs destinations, ainsi que de nouvelles formes de voyages, orientées autour de la gastronomie, notamment le temps d’un week-end. Un effet d’entraînement UNESCO qui se vérifie facilement dans d’autres domaines culturels, comme la reconnaissance officielle de sites ou de monuments touristiques, facteur d’attractivité touristique très puissant.

Sur le plan agro-industriel, les enjeux sont également importants. Ainsi, l’Ukraine peut espérer exporter davantage de soupes prêtes à consommer partout dans le monde, tandis que le secteur primaire peut espérer une consommation à l’export plus importante de matières premières et ingrédients de base du Bortsch (betterave, pommes de terre).

Le secteur de la restauration en bénéficie aussi à plusieurs titres. D’une part, les restaurants à forte identité culinaire locale peuvent tabler sur une affluence accrue lorsque le pays se rouvrira au tourisme. D’autre part, les restaurants tenus par la diaspora ukrainienne (aux Etats-Unis, à Paris, Londres ou même en Asie) peuvent espérer une clientèle nouvelle et une publicité renforcée. Charge à eux d’utiliser au mieux cette nouvelle notoriété et de fidéliser la clientèle. Enfin, l’offre de traiteur évènementiel peut aussi être impactée de manière positive, en remplaçant par exemple les commandes auprès de traiteurs russes, dont l’image est mécaniquement ternie par le conflit.

Dans le secteur de la distribution, les épiceries fines ukrainiennes peuvent espérer, au même titre que les restaurants, une fréquentation accrue et une clientèle nouvelle, au détriment de leurs concurrents russes. L’artisanat et les produits dérivés autour de la cuisine pourront également bénéficier de cet effet d’entraînement, dont la distribution est facilitée par l’essor du E-commerce et des marketplaces (Etsy, Ebay, Amazon etc.).

Par ailleurs, les émissions de télé autour de la cuisine ukrainienne pourraient connaître une seconde vie, le pays disposant de sa version locale de MasterChef (“MasterChef Ukraine”), qui continue à tourner malgré la guerre, et qui a par exemple réussi à attirer l’attention du très médiatique chef Anthony Bourdain en décembre 2022. Avec peut-être à la clé de nouveaux contrats de distribution des programmes en Europe ou en Amérique du Nord.

La reconnaissance du Bortsch par l’UNESCO offre donc des perspectives économiques et touristiques encourageantes pour l’Ukraine, et peut aussi jouer un rôle positif sur la notoriété de la cuisine ukrainienne au sens large, avec la mise en avant d’autres plats emblématiques. Poulet de Kiev, Chebureki (chausson farci à la viande), Varenyky (ravioles), Perepichka (pain), Horilka (vodka), Kapustianyï (choucroute) ou Syrnyky (beignets) ont une carte à jouer. Bien sûr, la majeure partie de ces effets positifs est attendue une fois la guerre terminée et l’économie ukrainienne en capacité de produire, d’exporter et d’accueillir des touristes, ce qui cantonne pour l’instant cette victoire à une dimension essentiellement symbolique.

Reconnaissance par l’UNESCO : lutte d’influence et guerre de l’information

Si la volonté de l’Ukraine, par le biais de chefs emblématiques et de son appareil diplomatique, de faire reconnaître le Bortsch par l’UNESCO n’est pas récente, elle a su “utiliser” de manière habile l’émotion engendrée par la guerre, pour lui donner un coup d’accélérateur décisif. Et ce, à au moins deux égards. D’une part, elle a mis en avant l’impérieuse nécessité de défendre un patrimoine culturel en danger immédiat à cause des destructions et des déplacements de population, et d’autre part, elle a utilisé au maximum le sentiment anti-russe qui dominait dans l’opinion publique, pour faire pencher la balance.

La demande officielle auprès de l’UNESCO est en effet portée par un chef ukrainien de premier plan, Ievgen Klopotenko, très médiatisé. Par le passé, d’autres initiatives avaient été portées en ce sens, l’origine du borchtch était déjà l’objet de luttes d’influences culturelles. En témoigne ainsi la reconnaissance (éphémère) par le guide Michelin de son origine russe en 2021, sous l’effet d’une propagande russe bien rodée, mais qui s’est heurtée à une campagne de contre-influence massive des Ukrainiens, sur Twitter et jusque dans les arcanes de l’ONU à New-York.

Alors que la demande auprès de l’UNESCO devait être déposée en 2023, l’invasion russe accélère le processus. En 2 mois à peine, la demande de dépôt est acceptée, sur la base d’un dossier particulièrement étoffé (recettes et livres de cuisines historiques, témoignages provenant des 24 régions ukrainiennes qui vise à en établir le caractère national, photos d’époques etc.), quand elle prend en moyenne 3 ans.

L’influence ukrainienne, directe ou indirecte s’observe par exemple dans la composition du comité de la cinquième session extraordinaire du Comité intergouvernemental de l’UNESCO, chargé de ce dossier. On recense ainsi 77 membres au sein du comité décisionnaire, et 127 autres participant à la Convention. Le contexte de la guerre change nécessairement la perception que l’on peut avoir du comportement des participants, car une telle décision est, dans ce contexte, nécessairement politique. Ainsi on peut répartir schématiquement les membres en 3 familles : neutre, pro-russe, pro-ukrainienne, en fonction des alliances traditionnelles, mais surtout de la nouvelle donne géopolitique. On voit ainsi émerger dès le début du conflit, parmi les pays occidentaux et modernes, un bloc OTAN-UE-Sanctions cherchant à affaiblir la Russie dans tous les domaines, y compris sur l’échiquier culturel. Une grille de lecture certes simple, mais qui prend tout son sens alors que l’UNESCO est justement saisie dans le contexte du conflit russo-ukrainien. On observe dès lors une répartition très favorable à la demande ukrainienne.

Statut considéré

Nombre de Participants

Répartition des participants

Neutre

117

57%

Pro-Russe*

18

9%

Pro-Ukrainien**

69

34%

Total

204

100%

 

*Pays considérés comme pro-russe dans le comité UNESCO: Azerbaïdjan, Chine***, Hongrie, Kazakhstan, Kirghizistan, Serbie, Syrie.

**Pays considérés comme pro-ukrainien dans le comité UNESCO: Allemagne, Andorre, Arménie, Autriche, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Corée du Sud, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, France, Islande, Italie, Japon, Lituanie, Maurice, Monaco, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Suède, Tchéquie, Ukraine.

***Nous prenons le parti pris de considérer ici la Chine comme un supporter de la Russie dans ce domaine.

Deux autres éléments doivent être notés. D’une part, l’absence des Etats-Unis dans la commission, d’autre part le retrait de la délégation russe, considéré ici comme État membre de l’UNESCO ou des Nations Unies non-partie à la Convention. L’Ukraine pouvait donc compter sur 7 membres au sein de la Convention contre aucun côté russe.

Parallèlement à cette position dominante au sein du comité UNESCO, l’Ukraine a déployé une campagne d’influence décisive, portée tout à la fois par ses représentants publics (ministère de la Culture, administrations), des ONG fortement impliquées (Ukrainian Institute) et des chefs médiatisés, au premier rang desquels Ievgen Klopotenko (impliqué depuis décembre 2019), qui multiplie les interventions dans les médias et sur les réseaux sociaux. On voit ainsi apparaître à Kiev, en amont du dépôt de la demande devant l’UNESCO, un Bortsch Day, une Bortsch Street ou un Bortsch Index, qui préparent le terrain pour démontrer tout l’attachement du pays à cette tradition culinaire. La durée de cette campagne, diffuse mais constante dans ses formes, supports et porte-paroles, couplée à la situation belliqueuse entre 2014-2022 (où la Russie reste l’agresseur aux yeux du monde), a joué un rôle décisif dans la perception globale de la situation.

Sur le plan politique, la décision de l’UNESCO est saluée unanimement à Kiev, dans des termes qui laissent peu de doutes quant aux enjeux qu’elle représentait pour le peuple ukrainien “A nous la victoire dans la guerre du borchtch”, se réjouit dès le 1er juillet le ministre ukrainien de la Culture Oleksandr Tkatchenko. Une décision que justifie ainsi Pier Luigi Petrillo, le rapporteur du comité d’évaluation du dossier ukrainien : “L’existence de cette soupe (…) n’est pas en péril en soi, mais c’est le patrimoine humain et vivant qui est associé au borchtch qui est lui en péril immédiat parce que la capacité des populations de pratiquer, de transmettre leur patrimoine culturel intangible est gravement perturbée à cause du conflit armé, à cause notamment des déplacements forcés des communautés”.

Un comité acquis à la partie ukrainienne donc, mais qui toutefois n’empêche pas la Russie de pouvoir déposer une demande à l’avenir, l’UNESCO n’attribuant pas “l’exclusivité” du Bortsch à l’Ukraine.

Le relatif laisser-faire de la Russie

Ce dernier point est fondamental pour comprendre la position russe et sa stratégie d’influence, qui se contente davantage de dénoncer l’attitude ukrainienne plutôt que de pousser véritablement pour un Bortsch russe devant l’UNESCO. Ainsi, si des activistes se font entendre sur les réseaux sociaux, photos à l’appui, pour démontrer que le Bortsch est aussi russe, personne ne conteste réellement son origine ukrainienne, y compris des chefs et critiques gastronomiques russes.

Les critiques les plus agressives proviennent surtout du ministère des Affaires étrangères et de sa porte-parole Maria Zakharova, qui ne ménage pas sa peine, à la télévision, sur Twitter ou sur Telegram, pour dénoncer le “nationalisme et le nazisme ukrainien”. Avec des arguments difficilement convaincants, comme une obscure recette du XVIème siècle, ou des analogies douteuses : ”Si je comprends bien, l’ukrainisation s’applique pour tout. Ce sera quoi ensuite ? Les cochons seront reconnus comme un produit national ukrainien ?”

Si l’on observe des réactions ici et là sur Twitter (Ambassade de Russie aux Etats-Unis, compte officiel de l’Etat Russe), on ne relève pas de campagne de contre-influence coordonnée et puissante comme les Russes savent le faire dans d’autres domaines (économique, électoral, cyber, militaire). Si le camouflet est surtout symbolique, l’attention de l’appareil d’Etat russe reste à ce moment accaparé par l’enlisement de ses armées en Ukraine, et il semble que l’UNESCO n’ait pas été considéré comme un théâtre d’opération véritablement digne d’intérêt. En témoigne le retrait des délégués russes de la commission chargée du dossier.

Enfin, sur Wikipedia, où s’étendent généralement les luttes informationnelles, toutes les pages sur le Bortsch reconnaissent son origine ukrainienne, y compris, celle en langue russe. L’utilisation d’outils d’OSINT spécialisés (Wikishark, WFMLABS) ne permet pas de retracer d’activité forte sur la page principale du Bortsch (EN).

En 2 ans, on observe ainsi 110 modifications sur la page, dont 80% proviennent du même utilisateur: Kpalion. Une recherche rapide sur son profil Wikipedia et sur son pseudo (WhatsMyName) permet avec quasi-certitude de lui attribuer la nationalité…polonaise.

La page en langue russe démontre une activité plus faible encore (68 modifications en 2 ans), avec 3 auteurs principaux, qui, selon les mêmes méthodologies, semblent russes, mais qui ne témoigne pas d’une activité d’influence massive, loin s’en faut.

La nécessaire protection du patrimoine culturel ukrainien

Cette victoire ukrainienne devant l’UNESCO soulève surtout un enjeu de fond, celui de la protection de son patrimoine culturel national menacé par la guerre.

D’une part, les destructions causées par les frappes russes sont colossales ; d’autre part, la guerre amène les populations à se déplacer, mettant en péril tout à la fois les sites et monuments historiques et les traditions et coutumes du pays. La Russie se lance par ailleurs dans une véritable course à l’appropriation culturelle, comme en Crimée, où désormais près de 4000 objets culturels font « partie intégrante de la richesse nationale et de la propriété des peuples de la Fédération de Russie ».

On recense la destruction d’au moins 500 sites et monuments historiques depuis le début du conflit, constitutif de crimes de guerre. Des destructions auxquelles s’ajoutent vols et pillages. De multiples initiatives, à Kiev, Marioupol, Odessa ou Zaporijjia sont menées pour préserver des galeries d’art. A Lviv, les habitants tentent de préserver statues et fontaines ne pouvant être démontées, en les enveloppant de plastique, de mousse et d’autres matériaux tout en prenant soin de photographier les monuments pour la postérité. L’UNESCO prend ainsi de nombreuses initiatives pour classifier de nouveaux monuments et préserver leur intégrité.

Mais les efforts les plus remarquables portent probablement sur le terrain numérique. De nombreuses collections sont archivées, le ministère de la Culture se lance dans la création de NFT et la communauté scientifique et culturelle internationale se mobilise à plein régime.

Le projet SUCHO (Saving Ukrainian Cultural Heritage Online), voit ainsi le jour dès le 1er mars 2022. Les Universités de Stanford, de Tufts et l’ACDH-CH autrichien se rapprochent d’Internet Archive pour orienter sa Wayback Machine vers l’Internet ukrainien. En à peine 2 semaines, plus de 1,500 sites, expositions digitales et bases de données sont archivées.

En parallèle, l’Ukraine adopte une position offensive sur le terrain culturel, cherchant par exemple à faire classer l’épave du croiseur russe Moskva au registre de son patrimoine culturel sous-marin.

Ainsi, si la Russie ne fait pas tout un plat de la reconnaissance de l’origine ukrainienne du Bortsch, l’enjeu de fond semble bien plus large alors que le conflit s’enlise. Et c’est une nouvelle fois l’UNESCO, qui, sur le terrain culturel, pourrait avoir le dernier mot. Comme le rappelle son acte constitutif (1945): « Les guerres naissant dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut élever les défenses de la paix. »

 

Armand Destrand

 

Sources

 

 

Affrontement informationnel russo-ukrainen autour de la soupe Bortsch