DIRECT. Procès de l’attentat de Nice : les accusés s’expriment ce mardi


ATTENTAT DE NICE. Les huit accusés doivent s’exprimer pour la première fois ce mardi 6 septembre au procès de l’attentat de Nice. Aucun n’est jugé complice de l’attaque terroriste perpétrée le 14 juillet 2016 mais leurs explications sont attendues par les parties civiles.

L’essentiel

  • Ce 6 septembre, au deuxième jour du procès de l’attentat de Nice, les huit accusés doivent prendre la parole pour expliquer leur rôle dans la préparation de l’attaque terroriste du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais.
  • Sur les huit accusés au procès, seuls sept sont présents mais aucun n’est jugé pour complicité et aucun n’avait connaissance du projet d’attentat. Trois sont accusés pour “association de malfaiteurs terroriste criminelle” tandis que les cinq autres sont poursuivis pour des infractions de droit commun.
  • Le procès de l’attentat de Nice se déroule en l’absence de l’assaillant, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, abattu par la police le soir du drame.
  • Les prises de paroles des accusés n’auront lieu qu’en fin de journée après la présentation des dernières constitutions de partie civile et l’exposition des faits prévue en début d’après-midi.
  • Pour son premier jour, le procès de l’attentat de Nice s’est ouvert devant des bancs majoritairement vides. Les parties civiles pourraient être plus nombreuses à assister à l’audience et aux déclarations des accusés ce mardi 6 septembre.
  • Suivez le procès de l’attentat de Nice en direct.

En direct

09:38 – Quel programme pour le deuxième jour du procès ?

Pour cette deuxième journée de procès, l’audience doit débuter avec la présentation des derniers demandes de constitution de partie civile. Après quoi, en fin de matinée ou en début d’après-midi les avocates générales exposeront les faits de l’affaire de l’attentat de Nice. C’est seulement en fin de journée que les sept accusés présents sur les huit poursuivis pourront s’exprimer à la barre ou depuis le box des accusés.

09:27 – L’audience doit s’ouvrir à 9h30

C’est à 9h30 que l’audience du procès de l’attentat de Nice doit s’ouvrir ce mardi matin. Il n’est pas impossible que l’audience ait un peu de retard.

09:21 – Deuxième jour du procès de l’attentat de Nice

Après une première journée très procédurale avec l’interrogatoire d’identité des huit accusés et l’évaluation de la recevabilité des centaines demandes de constitution de partie civile, la deuxième journée du procès de l’attentat de Nice est attendue. Et pour cause, ce mardi 6 septembre les accusés vont tour à tour prendre la parole pour la première fois. 

09:18 – Bonjour à tous !

Bonjour et bienvenue dans ce direct pour suivre le procès de l’attentat de Nice qui s’est ouvert hier à la cour d’assises spéciale de Paris. Huit accusés sont renvoyés devant la justice mais l’auteur de l’attaque terroriste est le grand absent du procès car abattu par la police le soir du 14 juillet 2016 après l’assaut.

05/09/22 – 23:40 – Le programme de la journée de mardi

[FIN DU DIRECT] – Ce mardi 6 septembre, l’audience reprendra dès 9h30. Elle commencera par la fin des demandes de constitution de partie civile. Plus tard, dans l’après-midi, la cour d’assises exposera les faits. Ensuite, les sept accusés présents lors du procès pourraient prendre la parole pour la première fois.

05/09/22 – 22:55 – Qui sont les huit accusés ?

Lors du procès de l’attentat de Nice, huit accusés sont jugés par la cour d’assises spéciale de Paris. Brahim Tritrou, déterminé pour trafic d’armes, est détenu en Tunisie et doit donc être jugé “par défaut”. Pour ce qui est accusé des autres, trois d’entre eux se trouvent dans le box, à savoir Ramzi Arefa, Chokri Chafroud, placés en détention provisoire et Artan Henaj, condamnés dans une autre affaire. Les quatre autres, Maksim Celaj, Endri Elezi, Mohamed Ghraieb et Enkeledja Zace, comparaissent libres sous contrôle judiciaire.

05/09/22 – 22:10 – Le procès diffusé à Nice

La ville de Nice a mis en place une retransmission en direct du procès de l’attentat au palais Acropolis. Cela permet aux victimes et à leurs proches de suivre les débats sans avoir à faire le déplacement jusqu’à Paris, où se tient l’audience. L’une des victimes, Hager Benaouissi, s’en réjouit : “C’est important qu’il y ait cette retransmission à Nice. Ça fait partie de notre vie. C’est un procès que l’on doit s’approprier et qui sera une étape très importante pour notre reconstruction”, rapporte ainsi Actu Nice.

En savoir plus

Le lundi 5 septembre 2022, soit un peu plus de six ans après les faits, c’est à cette date que doit s’ouvrir le procès de l’attentat de Nice. Une procédure très attendue et qui s’annonce longue avec 64 jours d’audience prévus jusqu’au 16 décembre. Ce sont plusieurs semaines de témoignages difficiles à entendre qui se préparent mais il faudra attendre le deuxième jour du procès pour assister aux premières audiences. Tout au long du procès les audiences n’auront lieu que du mardi au vendredi.

Sur les trois mois de procès, cinq semaines seront consacrées aux témoignages des parties civiles, des proches de victimes ou des rescapés de l’attaque terroriste. Durant ces semaines des enfants devraient prendre la parole selon Hager Ben Aouissi, mère de famille victime de l’attentat et fondatrice de l’association “Une voie des enfants”, invitée sur BFM Nice Côte d’Azur le 30 août. Les enfants n’auront pas besoin de se rendre aux assises de Paris et pourront témoigner depuis “une salle de retransmission du tribunal judiciaire de Nice”. Leurs récits seront diffusés lors des audiences. Pour aider les enfants mais aussi toutes les victimes ou parties civiles, un accompagnement spécifique sera proposé grâce à la présence d’associations et de psychologues entre autres. Quant aux accusés, ils seront entendus et interrogés à partir du mois de novembre.

C’est bien loin de Nice, ville meurtrie par l’attaque terroriste du 14 juillet 2016, que justice sera faite sur ce drame. Le procès de l’attentat du 14-Juillet se déroulera à Paris, dans la salle des pas perdus du palais de justice de l’île de la Cité aménagée pour devenir la cour d’assises spéciale de Paris. Cette salle d’audience d’une capacité de 500 personnes a déjà accueilli un autre procès historique, celui des attentats du 13-Novembre. Quatorze autres salles où seront retransmis les débats permettront d’accueillir plus de monde notamment les victimes, leur famille et les parties civiles qui auront fait le déplacement. Avec ces locaux, plus de 2 000 personnes pourront être accueillies et assister aux audiences. Une capacité importante mais nécessaire face au 865 personnes et associations qui se sont portées parties civiles et aux plus de 2 500 victimes du drame qui a fait 86 morts et plus de 400 blessés.

Toutes les victimes et parties civiles ne feront pas le voyage pour se rendre à Paris et participer aux audiences du procès de l’attentat de Nice. Celles-ci pourront toutefois suivre en direct les témoignages grâce à la retransmission des audiences et des débats dans une “salle dédiée” assurait le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti le 14 juillet 2022, journée de commémoration du drame et d’hommage aux victimes, auprès de Nice-Matin. Ouest-France évoquait le palais des Congrès de Nice, le 29 juin.

Au sujet de la retransmission, le garde des Sceaux ajoutait que l’intégralité du procès pourra être suivie par les parties civiles qui en feront la demande sur une webradio sécurisée. Le dispositif a été mis en place pour la première fois lors du procès des attentats du 13-Novembre mais cette fois la retransmission “sera [également] accessible depuis l’étranger” et assurée avec une traduction. Un détail qui a toute son importance pour cette affaire dans laquelle les 86 personnes décédées étaient de 19 nationalités différentes.

Ils sont huit accusés à être renvoyés devant la cour d’assises spéciale de Paris mais l’auteur de l’attaque terroriste lui sera absent. Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un Tunisien de 31 ans et le conducteur du camion et responsable de l’attaque terroriste, a été abattu par les forces de l’ordre le soir de l’attentat du 14 juillet 2016. Reste que l’enquête a permis d’identifier huit personnes ayant eu un rôle dans la préparation de l’attaque. Il s’agit de sept hommes et d’une femme, tous membres de l’entourage du tueur ou intermédiaires impliqués dans le trafic d’armes auprès duquel Mohamed Lahouaiej-Bouhlel s’est fourni.

Sur ces huit personnes, deux comparaissent pour “association de malfaiteurs terroriste criminelle” : Chokri Chafroud et Ramzi Arefa. Ils étaient d’abord poursuivis pour “complicité” mais l’enquête n’a pas permis de prouver qu’ils étaient au courant de l’attaque terroriste et le chef d’accusation n’a finalement pas été retenu. Ils restent toutefois soupçonnés d’avoir “apporté leur concours à la préparation de ce passage à l’acte criminel” alors qu’ils étaient “pleinement conscients” de l’adhésion de l’assaillant” à l’idéologie du djihad armé”. Tous les deux assistent au procès de l’attentat de Nice depuis le box des accusés en compagnie d’un troisième homme Artan Henaj qui lui est détenu car condamné dans une autre affaire. Ramzi Arefa est le seul accusé à encourir la réclusion criminelle à perpétuité car en état de récidive après une condamnation dans une autre affaire sans lien avec le terrorisme. Chokri Chafroud lui risque vingt de réclusion criminelle.

Les cinq autres accusés, Mohamed Ghraieb, Enkeledja Zace, Maksim Celaj, Endri Elezi et Brahim Tritrou sont jugés pour des infractions de droit commun et principalement suspectés de faire parti d’un réseau de trafic d’armes et d’avoir fourni des armes à Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Brahim Tritou, en fuite depuis le 9 juillet 2020 en Tunisie et a priori détenu dans le pays, n’est pas présent au procès

L’attentat de Nice est encore dans les esprits de toutes les personnes présentes lors de l’assaut ou témoins du drame. L’attaque a duré une vingtaine de minutes. Il est aux alentours de 22h40, le 14 juillet 2016, quand un camion blanc de 19 tonnes roule à toute vitesse sur la promenade des Anglais où plus de 30 000 personnes sont agglutinées et attendent le feu d’artifice. Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un Tunisien de 31 ans seul à bord du véhicule, est le conducteur. Venant du quartier Magnan, l’homme fonce sur deux kilomètres et entre dans la zone rendue exceptionnellement piétonne pour le feu d’artifice de la Fête nationale. Arrivé devant l’hôtel Negresco, le conducteur ouvre le feu à plusieurs reprises sur les policiers et poursuit sa route sur 300 mètres avant que son véhicule soit immobilisé par les forces de l’ordre devant le Palais de la Méditerranée. Mohamed Lahouaiej-Bouhlel qui s’extirpe du camion refuse de répondre aux sommations des policiers et est abattu par deux brigadiers vers 23h. 

C’est pendant sa course folle et à visée meurtrière que Mohamed Lahouaiej-Bouhlel fait 86 morts et plus de 400 blessés. Les forces de l’ordre présentes pour la sécurité de l’événement reçoivent rapidement des renforts dans les minutes qui suivent l’attaque. Vers 23h20, alors que le terroriste est neutralisé, un périmètre de sécurité est mis en place près de la place Masséna. Plusieurs établissements sont réquisitionnés pour prendre en charge les victimes : le High Club se transforme en hôpital de campagne et le Centre universitaire de la Méditerranée en cellule psychologique.

Dans la foule comme aux abords de la promenade des Anglais, les badauds sont secoués et terrorisés par la scène. Certains rapportent des éléments sur la volonté apparente du conducteur de tuer et sur sa possible radicalisation, comme Pépé qui témoigne dans Nice-Matin. “On a entendu plusieurs fois Allahu akbar, trois fois”, précise l’homme qui a assisté au drame depuis son balcon. “J’ai vu qu’il prenait le volant à droite, à gauche, dans tous les sens, pour viser un maximum de visite. C’était horrible, il y avait des enfants par terre, en morceaux, des femmes, des personnes âgées… Ce n’est pas évident, ni à vivre, ni à raconter”, ajoute-t-il.

Seulement quelques heures après l’attentat de Nice, le 14 juillet 2016, François Hollande alors président de la République avait jugé que “le caractère terroriste [de l’attaque] ne peut être nié”. Survenu quelques mois après les attentats du 13 novembre 2015, l’attaque menée sur la promenade des Anglais avait rapidement été rattachée au terrorisme. Hypothèse renforcée par la revendication de l’attentat par l’Etat islamique (EI) sur les ondes de sa radio Al-Bayan deux jours plus tard. L’EI avait qualifié Mohamed Lahouaiej-Bouhlel de “soldat [menant] l’opération en réponse aux appels à viser les ressortissants des pays de la coalition”.

Le parquet de Paris doté d’une compétence nationale pour le terrorisme avait été saisi de l’affaire et avait confié les investigations aux enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Les premiers éléments n’avaient pas permis d’établir de lien entre le tueur et un groupe terroriste mais avaient trouvé des preuves de la radicalisation du trentenaire, notamment par la présence de photos d’actions et du drapeau de l’EI sur son ordinateur personnel. Les recherches avaient également retrouvé le trace de contacts entre Mohamed Lahouaiej-Bouhlel et des personnalités connues de la DGSI comme des islamistes radicaux selon le Telegraph. L’auteur de l’attaque, lui, n’était pas connu des services de renseignement français ni tunisien avant l’attaque de 2016 d’après le Guardian.

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur en 2016, avait décrit Mohamed Lahouaiej-Bouhlelqui comme “[semblant] s’être radicalisé très rapidement” et évoqué “un attentat d’un type nouveau” commis par “des individus sensibles au message de Daech (acronyme arabe de l’Etat islamique) qui s’engagent dans des actions extrêmement violentes sans nécessairement avoir participé aux combats, sans nécessairement avoir été entraînés”. Le procès de l’attentat de Nice reviendra sur le caractère terroriste de l’attaque du 14 juillet 2016 notamment via le jugement des trois principaux accusés poursuivis pour “association de malfaiteurs terroriste criminelle”.

DIRECT. Procès de l’attentat de Nice : les accusés s’expriment ce mardi