Laurence Potte

Avec Jean-Luc et Jean-Claude, Laurence Potte-Bonneville s’impose comme l’une des plus belles révélations de cette rentrée littéraire. Publié chez Verdier, ce bref et joyeux récit nous livre à la compagnie des étonnants quinquagénaires Jean-Luc et Jean-Claude qui, un soir, ne pouvant valider leur grille de loto, décident de ne pas rentrer dans leur foyer et de partir à l’aventure pour trouver un autre PMU. Dans ce road movie en région, les deux personnages, entre Bouvard et Pécuchet ou Mercier et Camier, vont croiser des figures aussi hautes en couleur. Une telle écriture à l’écoute de l’étrangement du monde et de ses singularités sensibles ne pouvaient manquer d’ouvrir des questions que Diacritik est allé poser à la romancière le temps d’un grand entretien.

Ma première question voudrait porter sur la genèse de votre remarquable premier roman, Jean-Luc et Jean-Claude qui vient de paraître chez Verdier. Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire l’histoire de deux quinquagénaires, l’un en curatelle, l’autre en tutelle qui, non loin d’Abbeville, décident un jour parce qu’on ne valide pas leur ticket de loto de ne pas rentrer dans leur foyer mais de partir à l’aventure pour trouver un autre PMU ? Est-ce que des lectures ou encore des films ont pu nourrir votre désir de raconter, comme le roman l’indique, l’histoire de ces « deux gosses d’une cinquantaine de balais » ? On sait que vous avez travaillé dans le milieu associatif au service notamment de personnes fragilisées physiquement ou mentalement : est-ce que cette expérience a pu nourrir votre écriture ?

Il y a quelques années, j’ai pris des responsabilités professionnelles nouvelles, dans le secteur du handicap. À la faveur de plusieurs déplacements, j’ai eu l’occasion de m’immerger dans des lieux de vie parfois très médicalisés, où résidaient des personnes extrêmement dépendantes : je me suis confrontée à la bizarrerie des corps, parfois lourdement appareillés, à des interactions complexes avec des résidents ne communiquant pas toujours par le langage, à des fragilités multiples et à des comportements souvent inattendus (des colères, des replis….).  N’étant pas soignante moi-même, je n’étais pas préparée à ces rencontres par des connaissances cliniques ni “protégée” par la médiation technique des gestes du soin. Nous nous sommes parfois presque cognés les uns dans les autres, au sens propre, à l’angle des couloirs de foyers. J’avais en tête cette phrase de Jean Oury : « la plus grande proximité, c’est d’accepter le lointain de l’autre ». Nos lointains respectifs. Au fil de ces rencontres et de ces télescopages, j’ai pris conscience de connivences, de joies, de routines parfois vitales, de solidarités multiples.

Il a fallu que j’écrive, pour absorber ce choc d’étrangeté, et sans doute avec un peu plus de régularité et de ténacité qu’auparavant : sont nées une série de miniatures que j’ai appelées “les exagérés”. Jean-Luc et Jean-Claude étaient déjà là, mais ils n’étaient pas seuls. Simplement, ils ont pris de l’ampleur. Je crois qu’ils avaient besoin de prendre leur essor.

Pour en venir sans attendre au cœur même de votre récit, Jean-Luc et Jean-Claude présente ainsi l’histoire de ces deux hommes qui, parce qu’ils sont fragiles mentalement, semblent vivre en permanence en décalage avec le monde. Comme si le quotidien le plus banal devenait avec eux une étrangeté continuelle, de la validation d’un bulletin de loto à la consommation d’un Orangina, d’un passage en caisse pour du rhum à une déambulation dans un supermarché. Ces deux hommes paraissent vivre dans l’envers des choses où comme il est dit, ils semblent sans cesse « Faire les andouilles, faire les sauvages. ». S’agissait-il ainsi pour vous dans ce roman de montrer, par ces deux personnages, combien le quotidien peut être un obstacle ?

Pour Jean-Luc et Jean-Claude ce n’est pas le quotidien du foyer qui fait obstacle, il s’agit au contraire d’un environnement protecteur et très balisé. C’est leur quotidien d’avant qui ne l’était pas et les mettait en danger. Jusqu’à ce que les choses se compliquent dans le roman, ils évoluaient à l’abri du foyer avec l’attention bienveillante de leur entourage (les éducs, mais aussi Jacqueline au café qui fait ce qu’elle peut pour leur éviter de mauvaises rencontres). On parle d’ailleurs de “milieu protégé” versus  “milieu ordinaire” ou ouvert….

Ce qui est fascinant, c’est de réaliser à quel point le moindre geste peut constituer un défi pour eux, mais aussi une occasion d’apprentissage. C’est ce que Jean-Claude nous prouve, lorsqu’il déroule le fil de ce qu’il sait faire à présent : « il prépare les couverts du petit déjeuner, et il paye son Orangina seul, il prend sa douche presque tous les jours, et sa nouvelle chemise, elle est plus facile à mettre…. ». Les obstacles qui jalonnent leur parcours ne sont pas ici affaire de handicap moteur ou physique, il n’est pas question d’empêchement « mécanique » ou de “mobilité réduite” (ce qui est par ailleurs une question évidemment cruciale) mais de blocages beaucoup plus difficiles à cerner, à comprendre, par exemple autour de ce qu’on appelle les « habiletés sociales » (être en capacité de comprendre une interaction et de savoir y réagir de manière appropriée, à la caisse d’un supermarché par exemple), ou encore de blocages qui découlent de l’agression sensorielle ou psychique que représente le monde extérieur, avec ses bruits, ses éclairages, ses foules….

Indépendamment de la question du handicap, il est intéressant de voir comment l’environnement peut se transformer en un milieu hostile dans de nombreuses situations. Comment apprivoiser l’ordinaire de notre monde, rugueux, inhospitalier, harassant parfois ? Regardez comme ce monde semble hostile à Florent, comme tout l’irrite, l’écorche, le rebute, comme tout semble s’y désagréger (à commencer par l’amour) ou lui faire obstacle (à commencer par le prix de l’essence…)

Par ailleurs, Jean-Luc et Jean-Claude éprouvent un désir très fort de s’ébrouer, de se  livrer tout entiers à la joie du galop, de “faire les andouilles, faire les sauvages”. Jusque-là ce désir était tenu en respect par le réseau de protections qui tisse leur quotidien au foyer. Il est réveillé chez Jean-Luc parce que ce quotidien se dérègle (une tempête, une rebuffade au café, la rencontre de Florent qui l’exalte et le blesse à la fois). A son corps défendant, l’alcool déverrouille tout cela.

Je voulais montrer, par le truchement de ces deux personnages contraints par un cadre  de vie très formalisé, par des prescriptions administratives et médicales, combien nous sommes tous empêchés, par toute sortes de motifs parfaitement fondés, de faire les andouilles, faire les sauvages, et comme ce désir peut ressurgir lorsque ce cadre (comme on dit chez les travailleurs sociaux et les psychiatres) se desserre ou se désagrège, combien ce désir est pur, joyeux, commun, mais également comme sa libération nous livre au danger, au risque de la dissolution. Jusqu’à quel point faut-il s’en protéger ?

Au-delà de la déréalisation du monde qu’implique le caractère hagard des personnages, Jean-Luc et Jean-Claude paraît renvoyer à deux célèbres couples de la littérature auxquels votre récit rend hommage : tout d’abord Bouvard et Pécuchet de Flaubert dont ils reprennent l’hébétude joyeuse mais secrètement inquiète devant un monde qu’ils ne comprennent pas.
Mais aussi Mercier et Camier de Beckett dont ils reprennent l’étrangeté fondatrice au monde en y ajoutant un sens du dérisoire et du burlesque, qui ne va pas sans une certaine mélancolie devant une impossible coïncidence au monde. Diriez-vous ainsi que ces deux célèbres couples ont pu inspirer, et si oui, pour quelles raisons, vos deux personnages en curatelle et en tutelle ?

Je n’ai jamais pensé à d’autres couples qu’à celui formé par Jean-Luc et Jean-Claude en écrivant mon roman, mais il est vrai qu’il se place de manière presque inéluctable sous le patronage d’autres tandems de la littérature. Si on peut rapprocher Jean-Luc et Jean-Claude de Bouvard et Pécuchet,  c’est essentiellement me semble-t-il par le biais du désir inquiet de se tenir chaud qui les caractérise tous les quatre. Mais Jean-Luc et Jean-Claude ne sont pas atteints de l’invraisemblable soif  d’expérimentation des deux compères flaubertiens, leur curiosité est moins boulimique et somme toute moins hagarde. Et puis le sol s’est déjà dérobé sous leurs pieds, sous les coups de boutoir de la vie et de la maladie mentale, et leur inquiétude procède d’une expérience réelle de la béance, ce qui n’est pas le cas de Bouvard et Pécuchet, qui colmatent en permanence leurs fissures par de nouvelles initiatives sans avoir jamais vécu un tel effondrement.

Quant à Mercier et Camier, je reprendrai en toute immodestie à mon compte l’affirmation de Beckett “le voyage de Mercier et Camier, je peux le raconter si je veux, car j’étais avec eux tout le temps”. Ça oui. J’étais avec Jean-Luc et Jean-Claude tout le temps.

Le rapprochement avec les Lenny et George de Steinbeck a également été fait. Je dirais que le fil de la sollicitude qui unit Jean-Luc et Jean-Claude constitue la chaîne de mon récit, et que la trame en serait sans doute l’inquiétude.

Évoquer uniquement Jean-Luc et Jean-Claude, c’est peut-être faire écran aux autres personnages qui traversent, de manière vive, l’ensemble du récit. Car, au gré des rencontres et de leur vie tumultueuse, les deux hommes en fuite croisent le chemin de Florent, le jeune homme qui les emmènent à la ville prochaine, Florent qui lui-même prend en stop quelque peu forcé une jeune femme qui, elle-même, lui paie un plein d’essence… Sans oublier Yolande, la directrice du foyer, Johanne et les gendarmes. Ces différents personnages, tous plus singuliers les uns que les autres, apparaissent dans un récit dont la forme ressortit à une manière de road movie mais à l’échelle d’une route départementale. Pour demeurer dans les références que votre riche texte suscite, on pense aussi bien à Un an de Jean Echenoz. Plus largement, diriez-vous qu’une telle structure de road movie en région innerve votre récit ?

Un road movie en région ? oui, bien sûr. Et le rapprochement avec le Un an de Jean Echenoz m’honore. Je voulais faire entrer dans ce récit ces paysages ruraux ou péri-urbains qui sont la toile de nos quotidiens et que notre exaltation transfigure parfois. Je voulais regarder le ciel incertain avec les personnages. Je crois tout simplement que j’en avais besoin lorsque j’ai écrit Jean-Luc et Jean-Claude : redouter les dégâts de la tempête, peut-être, mais aussi être giflée par le vent et par la pluie.

Et puis, pour rencontrer tous ces personnages, j’avais deux possibilités : les faire converger vers un lieu unique, à la façon d’une tragédie. Et donner ainsi à mon récit une dimension théâtrale. Ou bien les faire se croiser au hasard de leurs déambulations. C’est cette option – beaucoup plus cinématographique – que j’ai privilégiée. D’ailleurs, à propos d’influences, je citerais volontiers, plutôt que des romans, deux films où la caméra divague avec les personnages à hauteur de départementale : Maine Océan de Jacques Rozier et Passe montagne de Jean-François Stévenin, dont le Serge et le Georges pourraient être les grands cousins de Jean-Luc et Jean-Claude.

Jacques Rozier, Maine Océan (1986)
Jean-François Stevenin, Passe-Montagne (1978)

Ce road movie comme au ralenti, s’il permet d’illustrer la volonté de chacun des personnages de fuir et conjointement d’échapper à leur condition, constitue à chaque arrêt ou chaque bifurcation une chance narrative, une manière de micro-récit dont la phrase suivante serait presque la poétique affirmée : « Parfois une étrangeté s’empare d’un paysage, comme le ralenti d’un événement qui n’arrivera pas. » Ou encore : « Cette affirmation a ouvert un chenal étroit par où la parole de Jean-Luc commence à s’écouler. » Car le road movie permet de souligner combien derrière la continuité apparente du réel se loge des fissures que chaque personnage loin de masquer révèle tant, comme il est encore explicitement dit, « les fissures dans cette histoire n’attendaient qu’une secousse pour s’élargir, un frisson du dehors, la peau d’un autre gars, et finir par tout disloquer. » Diriez-vous ainsi que Jean-Luc et Jean-Claude présente des personnages qui révèlent combien le réel n’est pas en forme, qu’il est méforme, comme pour contredire le slogan qui figure sur la camionnette de Florent : « J’ai la forme maintenant. Demandez-moi comment » ?

Cette histoire de « ralenti d’un événement qui n’arrivera pas » est une façon pour moi de laisser flottantes les possibilités narratives, d’échapper à la fatalité et à la facilité de l’événement qui viendrait formater le récit, prendre au piège le road movie, sans pour autant renoncer à un certain lyrisme. Faire en sorte que pas grand chose n’arrive, mais qu’au milieu de ce pas grand chose, ça foisonne. Et me perdre moi-même en chemin.

J’aime beaucoup votre expression de “chance narrative”, car il est essentiel pour moi que tous ces personnages bénéficient de cette chance, y compris ceux qu’on pourrait trouver limités, peu généreux, ou un peu ridicules. Leur donner leur chance, cela veut dire provoquer, par les bifurcations du récit, des situations qui seront autant d’occasions de chercher dans les plis et les replis de ces personnages ce qui vient déborder la “single story” (pour reprendre l’expression de Chimamanda Ngozie Adichie) à laquelle je me refuse de les réduire – et là je pense à la fille du photocopieur – ou bien de leur donner leur minute de gloire – comme c’est le cas pour le brigadier. Cette chance narrative n’exclut pas les fissures. Elles sont patentes chez Jean-Luc, Jean-Claude et Florent, plus discrètes mais évidemment présentes chez les autres.

Les personnages ont conscience de cette méforme du monde que vous évoquez, aucun n’est dupe, et c’est précisément cette lucidité qui me touche en eux : la mélancolie qui rattrape Yolande, les doutes qui assaillent Nora, les questions que se pose Johanne, le regard que la jeune femme de l’EHPAD pose sur ses semblables… Oui, le réel n’est pas en forme, mais cela signifie également qu’il n’a pas la forme qu’on s’attend à lui voir adopter;

Laurence Potte-Bonneville © Gilles Stuv Potte

Ce qui ne manque également pas de frapper, c’est combien, dans Jean-Luc et Jean-Claude, l’écriture du monde se fait écriture sensible, attentive aux moindres battements. Au cœur d’un roman qui fait ouvrir à Johanne une fiche d’événement indésirable », le monde revêt, de Florent jusqu’aux phoques, un « chaos liquide » ou encore une « étrange bigarrure ». Pourriez-vous ainsi qualifier votre écriture d’écriture du sensible ?

Oui, je crois que oui. Et votre question me donne l’occasion de rendre hommage à Marie-Hélène Lafon, une écrivaine pour qui j’ai une profonde admiration et qui parle de se “mettre à l’établi” lorsqu’elle se met à écrire, pour polir chaque mot, chaque phrases en portant une attention infinie à la montre d’une première communiante, au papier journal qui emballe un morceau de fromage apporté à Paris, à l’herbe d’une prairie… Je pense aussi  à ces mots de Fernand Deligny, à propos de son film Le Moindre geste, lorsqu’il évoque “une parole vacante et tout à coup loquace et vitupérant et, dans le flot parlé, je reconnaissais, à s’y méprendre, cette parole qui nous fait ce que nous sommes”. Revendiquer une poétique du moindre geste, cela me conviendrait bien.

Un des aspects parmi les plus remarquables de votre récit est la manière dont la musique vient ponctuer le destin et le parcours des différents personnages. De fait, les chansons populaires de Jean-Jacques Goldman, Guy Béart, Tupac ou encore Holy G accompagnent les personnages dans leurs actions ou, comme pour le cas de Florent avec la jeune femme, permettent de lancer une conversation entre Beyonce, Jay-Z et Eminem. Pourquoi avoir consacré une place d’importance à la musique dans votre roman ?

La musique est arrivée comme ça, dans le sillage des personnages. D’ailleurs, il faudrait parler de chansons, plutôt que de musique. J’ai cherché deux façons de faire connaissance avec eux : me demander pour qui ils se faisaient du souci, me demander quelles chansons les accompagnaient, me laisser rattraper par leur playlist en quelque sorte.

Les chansons sont les vecteurs d’une émotion tout à la fois individuelle et collective, intime et populaire, elles sont le ressac d’une génération. C’est ce que Nicolas Mathieu arrive à restituer de manière saisissante, ce frisson qui gagne le héros de son roman et tous les invités d’une noce quand résonnent les premiers accords des Lacs du Connemara.

Je voulais également marquer la naissance fragile de la complicité entre Florent et la fille de l’EHPAD : le partage des écouteurs  s’est imposé comme un geste à la fois intime et fugace, une tentative de communier par la chanson. Voir deux jeunes gens partager leurs écouteurs quelques minutes est un geste qui me bouleverse.

Donner une telle place aux chansons était sans doute aussi une façon de me donner une consigne d’écriture implicite. Tenir le fil de ce premier roman n’allait vraiment pas de soi. Il fallait régulièrement que je retrouve un moteur d’écriture, et les chansons ont en quelque sorte servi de tuteur autour duquel mes mots pouvaient s’enrouler et se déployer de nouveau. Il aurait pu y en avoir tant d’autres….

Ma dernière question voudrait porter sur les influences littéraires directement contemporaines à l’œuvre dans votre roman. Quelles sont les autrices et les auteurs contemporains qui ont votre faveur ? Est-ce que, au-delà de Beckett et Flaubert, certaines et certains ont pu être sources d’inspiration du destin contrarié et mouvementé de ces deux héros faux jumeaux ?

La gestation de Jean-Luc et Jean-Claude a été longue… j’écris par poussées, dans les interstices, et il m’est aussi difficile d’installer l’écriture que d’isoler des influences littéraires particulières sur un aussi long laps de temps. Cependant, et sans hésiter, je me place sous l’ombre des nouvelles de Salinger, pour la nervosité mélancolique et fantasque de ses personnages, la tension terrible qui innerve ses récits. J’évoquais plus haut Marie-Hélène Lafon, j’aimerais aussi citer La Souterraine de Christophe Pradeau, que j’ai découvert pendant l’écriture de Jean-Luc et Jean-Claude, pour son brouillard et sa beauté envoûtante. Il est question, dans ces deux univers, de fratries, de confiance, et de la tendresse violente qu’on éprouve pour des personnages dont on saisit les béances et qu’on voudrait tant protéger.

Laurence Potte-Bonneville, Jean-Luc et Jean-Claude, Verdier, août 2022, 160 p., 17 €

Laurence Potte-Bonneville : « Je voulais montrer, par le truchement de ces deux personnages contraints, combien nous sommes tous empêchés de faire les sauvages » (Jean-Luc et Jean-Claude)