Mariage de Maria Laura de Belgique et William Isvy : l’union fait la force

Maria Laura, fille de la princesse Astrid et du prince Lorenz, et son fiancé William Isvy ont uni leurs destins ce 10 septembre. Cérémonie intime d’abord, l’hôtel de ville de Bruxelles. Religieuse ensuite en la cathédrale Saints-Michel & Gudule. Paris Match Belgique les avait rencontrés quelques jours avant leur mariage…

Des grappes de jeunes touristes se pressent sur les marches de la cathédrale, sous un soleil encore très estival. À l’intérieur, dans la pénombre fraîche, le doyen de Bruxelles centre, Benoît Lobet, nous accueille.

À quelques jours de l’événement, une conférence de presse se prépare. On attend la princesse Astrid et son époux Lorenz. « Nous avions fait venir les deux pères des mariés lors du mariage d’Amedeo à Rome », rappelle Hervé Verhoosel, qui orchestre l’événement.

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Ce haut fonctionnaire onusien, porte-parole de plusieurs agences des Nations unies, arbore ici son autre casquette : en tant qu’ami de la famille il gère les aspects médiatiques des noces, en bonne coopération avec le Palais. C’est un mariage privé, précise-t-il, non un mariage d’État. Il n’y a donc ici aucune intervention gouvernementale.

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Les parents de la mariée arrivent discrètement. Astrid robe fluide rayée, tendance. « Quel intérêt ! », dit-elle en souriant, saluant longuement chacun. Elle-même très investie dans le mariage de sa fille, semble apprécier ce succès. Abord simplissime, sens du contact qui rappelle celui du roi Albert, de même que ce regard bleu perçant.

Astrid et Lorenz partagent leur enthousiasme quant au profil du futur époux de Maria Laura. Ils le décrivent comme « fantastique, travailleur, joyeux, avec un sens de l’humour et de la famille, sportif et déterminé ». Ses parents, ajoutent-ils, cultivent l’ouverture d’esprit et le sens de l’entreprise. On apprend que William, décidément gendre idéal, est un homme qui fait preuve aussi de curiosité intellectuelle, de perfectionnisme – il aime « tout savoir et tout comprendre en amont » et partage, avec sa fiancée, le goût des arts. « Il est discret et ouvert. Il est intelligent et aime mettre la barre très haut. » Des traits sacrément fédérateurs recherchés dans ces sphères princières comme dans d’autres évidemment.

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La princesse Maria Laura de Belgique, fille aînée d’Astrid et de Lorenz, et son époux William Isvy, lors d’une promenade en décembre dernier dans le quartier de Kensington, à Londres.


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SIPA

Lorenz a rencontré son futur beau-fils à Art Basel, la grande foire internationale d’art contemporain à Bâle, il y a un an environ. « William et ma fille apprécient beaucoup l’art contemporain et William en achète d’ailleurs. J’ai été agréablement surpris, car j’ai rencontré quelqu’un de très gentil, agréable, qui aime la vie de famille. Il travaille dur dans le monde de la finance, comme moi. Et il a le sens de l’humour. Nous nous sommes tout de suite très bien entendus. »

Astrid souligne les nombreuses similitudes entre William et son mari. « Je comprends de plus en plus la décision de ma fille. » Cette dernière a, dit-elle, « toujours admiré son père ».

Les futurs mariés ont tenu à ce que la cérémonie ait lieu à Bruxelles. La jeune femme est née et a fait une partie de son cursus scolaire en Belgique et il est de coutume que le mariage ait lieu dans le pays de la mariée, note Hervé Verhoosel.
« Laura a voulu mettre l’accent sur sa Belgitude », mentionne Astrid lors de la conférence informelle. « Elle voulait se marier à Bruxelles où elle est née et a été éduquée. Elle aime sa ville ! »

Le couple princier est particulièrement élogieux quant à l’accueil qui lui a été réservé par les autorités bruxelloises et par l’encadrement administratif. « Tous, du bourgmestre à l’officier de l’état civil, tous ont accueillir la nouvelle avec enthousiasme et beaucoup de gentillesse », renchérit Hervé Verhoosel.

Astrid et Lorenz se sont mariés à Bruxelles, à l’hôtel de ville (une première dans la famille royale, auparavant les unions civiles étaient célébrées au Palais), et à l’église Notre-Dame des Victoires au Sablon. C’était le 22 septembre 1984. Un jour de pluie dont la poésie imprègne la mémoire à vie. « (…) Il y a 38 ans déjà… C’était merveilleux, même s’il pleuvait très fort. Mariage pluvieux, mariage heureux », commente Astrid. « Et je puis dire que c’est vraiment le cas. Si je devais recommencer, je changerais quelques petits détails, mais je le referais avec la même personne ! » « C’est mon jour de chance », glisse Lorenz avec ce flegme tout british qu’il pratique volontiers.

Une fratrie unie. Maria Laura et son frère Amedeo à Brooklyn, chez Hervé Verhoosel, porte-parole et ami de la famille, en septembre 2011. Amedeo, filleul du roi Philippe, travaille alors à New York et Maria Laura effectue un stage aux Nations Unies.


Une fratrie unie. Maria Laura et son frère Amedeo à Brooklyn, chez Hervé Verhoosel, porte-parole et ami de la famille, en septembre 2011. Amedeo, filleul du roi Philippe, travaille alors à New York et Maria Laura effectue un stage aux Nations Unies.


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Dusko Stajic / Paris Match Belgique.

Même si Maria Laura ne bénéficie pas d’une dotation, et n’a donc aucune obligation de représentation, la visibilité de ces familles royales s’est sans doute accrue ces derniers temps. Même en vivant à Londres, mégapole européenne où une forme d’anonymat est a priori plus simple à respecter, le challenge pourrait se révéler intimidant. Nous demandons à la princesse Astrid si l’arrivée dans la famille n’a pas un peu effrayé le futur époux. Pour toute réponse, la sœur du roi insiste sur la réserve, l’envie de discrétion qui caractérise le jeune couple. Une devise plutôt familiale.

Après la cérémonie intime à l’hôtel de ville, le mariage religieux sera célébré dès 14h30 et en présence de 500 invités par l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Jozef de Kesel.

« Les témoins civils seront les deux sœurs de Laura et les frère et sœur de William », nous dit Hervé Verhoosel. « À l’église, ce seront Elisabetta de Belgique (Lili), Ferdinand Brunet, Astrid et Joseph de Liechtenstein et Olympia Napoléon-Bonaparte. Le prince Joachim, frère de Maria Laura et le frère de William aideront au placement des invités. Les enfants du prince Amedeo et de son épouse Lili feront partie des pages qui accompagneront la mariée. »

Seront présents bien sûr les grands-parents maternels de la future mariée, le roi Albert et la reine Paola, qui fête le lendemain ses 85 ans.

La cérémonie religieuse inclura des chants juifs et catholiques comme nous le signale aussi Benoît Lobet, qui fut nommé en 2020 par Jozef de Kesel comme doyen de Bruxelles centre.  Il assistera le cardinal lors de la cérémonie.

La princesse Astrid, le prince Lorenz, avec Hervé Verhoosel (à gauche). A droite, le doyen Benoît Lobet, et Christian Raes, Premier commissaire, Direction générale territoriale et missions protocolaires de la police de Bruxelles.


La princesse Astrid, le prince Lorenz, avec Hervé Verhoosel (à gauche). A droite, le doyen Benoît Lobet, et Christian Raes, Premier commissaire, Direction générale territoriale et missions protocolaires de la police de Bruxelles.


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Emmanuelle Jowa/Paris Match Belgique

Il évoque le caractère historique du lieu, « lumineux, avec des vestiges du XIe siècle ». La cathédrale se situe au carrefour de la ville haute et de la ville basse et de deux anciennes routes importantes (Flandre vers Cologne et Anvers vers Mons par Bruxelles).

La façade occidentale est de style gothique brabançon par son décor flamboyant et « ordonné ». Elle s’inspire par ailleurs de la typologie des cathédrales françaises, mais, contrairement aux façades hexagonales, n’a pas de rosace, cette dernière étant remplacée par une verrière brabançonne. Le doyen rappelle aussi la présence notoire de la Chaire de vérité, citée notamment par Victor Hugo.

Il signale que, comme le veut la coutume, les futurs mariés se chargent du choix de la décoration florale et des musiques.
La célébration multiculturelle, ou, pour reprendre l’expression consacrée, « en disparité de culte » comprendra donc des chants juifs. « Le cardinal a accepté très volontiers », nous confirme le porte-parole de la famille. Cette ouverture interreligieuse, éminemment contemporaine, s’impose de plus en plus.

New York, septembre 2011. Astrid et sa fille aînée prennent la pose en exclusivité et en mode détente pour Paris Match chez Hervé Verhoosel, à Brooklyn. C’est à l’occasion des dix ans de Roll Back Malaria. La princesse Astrid est alors représentante spéciale du Partenariat pour la lutte mondiale contre le paludisme et Maria Laura effectue un stage à la représentation belge des Nations Unies.


New York, septembre 2011. Astrid et sa fille aînée prennent la pose en exclusivité et en mode détente pour Paris Match chez Hervé Verhoosel, à Brooklyn. C’est à l’occasion des dix ans de Roll Back Malaria. La princesse Astrid est alors représentante spéciale du Partenariat pour la lutte mondiale contre le paludisme et Maria Laura effectue un stage à la représentation belge des Nations Unies.


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Dusko Stajic / Paris Match Belgique

On aurait pu imaginer la présence d’un rabbin au côté de l’archevêque. « Ce ne sera pas le cas ici mais il y a en tout cas beaucoup de liberté aujourd’hui dans l’exercice des cultes », souligne le doyen. « Songeons au Te Deum par exemple. »

Participent au traditionnel Te Deum du 21 juillet, les présidents de la Chambre et du Sénat, le Premier ministre, plusieurs ministres et représentants de la magistrature, les diplomates et quelques personnalités éminentes du pays. Mais également les hauts représentants des autres religions reconnues.

Benoît Lobet se dit ravi du choix de Bruxelles et heureux, mais « pas surpris » de l’engouement que suscitent ces noces. « Il y a longtemps », rappelle-t-il, « qu’il n’y a pas eu de mariage princier ». cela remonte au mariage du prince Laurent qui était un mariage d’Etat. Il s’agit ici, une fois encore, d’un événement privé. Les invités seront donc des amis et membres de la famille.
Parmi eux le prince héritier Guillaume de Luxembourg dont la présence est confirmée.

La police de Bruxelles capitale, avec le support des cadets de la police, va mobiliser ses troupes. Les hautes autorités policières présentes à la cathédrale lors de ce moment presse nous le répètent : « La famille princière a tenu à ne pas « déranger ». L’idée est de « limiter les désagréments pour la population. Que cela n’impacte pas les activités de chacun. Nous y veillons. » Ce avec, naturellement, un déploiement de dispositifs « visibles et non visibles ».

Il serait ainsi pour la famille, « hors de question que la vie des Bruxellois soit freinée de quelque façon que ce soit le jour J », expliquent-ils. « C’est là que réside la finesse de la tâche à accomplir. » Un équilibre délicat qui combine exigences privées, sécurité et fluidité urbaine. Un travail mené avec « enthousiasme, fierté et humilité ». Il englobe l’incontournable analyse de risque, avec un niveau de menace par ailleurs « stable » ces derniers temps,« suivi de près bien sûr avec le centre de crise » (Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace – OCAM).

La police de Bruxelles est naturellement rompue à ce type d’exercice et en a vu d’autres : réunions de chefs d’États dans le cadre de l’Union européenne ou encore de l’Otan, manifestations diverses et fréquentes ou encore la Fête nationale qui se déploie sur une série de quartiers.

Notons néanmoins qu’ici, la famille royale sera concentrée au grand complet, ce qui est somme toute relativement rare.

Nous demandons aux policiers si les nouvelles technologies sont une aide ou un handicap. « Un peu des deux », répondent-ils en substance. L’exemple des drones, qui peut aider à la surveillance mais aussi être l’outil d’intentions malveillantes est éloquent.
De même la lourde présence médiatique. Celle-ci attire l’attention sur la cérémonie, c’est de bonne guerre bien sûr. Mais au-delà de cette mise en lumière anticipée, il y a le risque que représente un rassemblement de caméras : la visibilité engendrée peut toujours inciter à la commission d’un acte.

Mais pour l’heure, les autorités locales se montrent d’une totale sérénité. Et soulignent inlassablement la bienveillance de cette prise de position familiale : ne pas déranger la vie de la capitale.

C’est dans cet esprit qu’Astrid et Lorenz ont d’ailleurs présenté l’événement. Ils tenaient à passer sur un mode « On est venus dire bonjour », ajoute Hervé Verhoosel. Il a contribué à la vidéo de présentation de Maria Laura et William lors d’une balade dans le quartier de Kensington, dans la capitale britannique. Modernité feutrée. Lui en veste Barbour, elle en doudoune longue. Rires complices, pause devant une devanture. Une communication à la page mais sans excès.

Maria Laura et William vivent à Londres donc. Une existence à l’étranger pour un membre de la famille royale sans dotation permet également de travailler en évitant tout soupçon de népotisme ou d’une quelconque partialité. Et le bagage académique du couple est cosmopolite.

Maria Laura, 34 ans, 9ème dans l’ordre de succession, derrière les enfants du roi Philippe, la princesse Astrid, le prince Amedeo et ses deux enfants, a étudié le chinois et les relations internationales à l’Institut des langues orientales à Paris. Après un stage à New York, elle a travaillé durant deux ans dans le secteur privé à Shanghai Ensuite a fait de la recherche à Londres où elle a fait un master en Affaires internationales et diplomatie à la School of Oriental and African Studies (SOAS).

Je suis fière de travailler à la représentation belge de l’Onu. C’est une immersion variée. On me demande de faire un peu de tout, c’est une excellente école.

Princesse Maria Laura, septembre 2011 à New York.

Elle a ensuite officié durant trois ans à la Banque Européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et rejoint en 2020 une fondation philanthropique ou elle est aujourd’hui analyste dans le secteur du changement climatique.
Nous l’avions rencontrée à New York, en 2011, lors d’une visite d’Astrid pour les dix ans de Roll Back Malaria. C’était dans l’appartement de Hervé Verhoosel à Brooklyn. Fine silhouette, allure folle, réservée et très présente à la fois, elle nous avait alors confié être « fière de travailler à la représentation belge de l’Onu. C’est une immersion variée. On me demande de faire un peu de tout, c’est une excellente école.»

William Isvy, 30 ans, de nationalité franco-britannique, est né à Paris d’une mère anglaise et d’un père franco-marocain. Il y
obtient son baccalauréat au Lycée français Charles de Gaulle à Londres, étudie ensuite la finance à l’Université McGill à Montréal, institution de renom qu’a fréquentée également la jeune sœur de la future mariée, Luisa Maria. Il a débuté sa carrière dans le département fusions-acquisitions d’une banque d’investissement américaine et travaille aujourd’hui à Londres dans la gestion d’actifs.

Le couple partage « une passion commune pour les voyages et le tennis », mais aussi la cause environnementale. William Isvy a un esprit d’analyse important, nous indique encore le porte-parole de la famille. Un autre point qu’il partage avec Maria Laura. « Mais les futurs mariés ne souhaitent pas s’épancher outre mesure sur leurs occupations professionnelles. »

À l’issue de la cérémonie, le jeune couple devrait s’échapper dans un véhicule « original », du moins si la météo le permet. Même si William n’est pas a priori féru de compétition automobile. Ce goût du détail aux accents peut-être vintage pourrait ajouter une touche de glamour à ce couple amateur de culture et ancré dans son temps.

Cet article est paru à l’origine dans Paris Match Belgique 

 

Mariage de Maria Laura de Belgique et William Isvy : l’union fait la force