Test

Tower Princess est un jeu d’aventure roguelite sorti le 23 décembre 2022, nous mettant dans la peau d’un chevalier dont la mission consiste à sauver de nombreuses princesses kidnappées par un “monstrueux” dragon. Si le titre parodie l’amour comme on le voit dans les contes, il n’en a pour autant pas manqué lors de sa création. Développé par les espagnols de chez AweKteaM, dont l’équipe ne compte que trois membres et édité par HypeTrain Digital, spécialisé dans les jeux indépendants, on ressent très rapidement l’envie de proposer un divertissement réussi et fun.
Mais arrivent-ils à proposer aux inconditionnels du genre une expérience aussi intéressante qu’au nouveau venu ?

Je te veux dans mon équipe !

Halte là ! Avant de nous aventurer dans le donjon, nous passons d’abord par la porte des options qui s’avère être un simple cagibi tant les possibilités sont peu nombreuses : inversion de la caméra, sensibilité de cette dernière, réglages audio, possibilité de modifier le skin de notre personnage parmis quatre et choix de la langue des sous-titres proposant le français.
Nous sommes en revanche surpris lorsqu’au lancement d’une nouvelle partie, un choix s’offre à nous : celui de la difficulté, facile, normale ou difficile. Valeureux mais pas trop, nous prenons la deuxième possibilité.

Le château a fier allure

Et c’est parti pour un brin de contexte. L’histoire tenant sur un post-it, cela va s’avérer rapide : huit princesses plus fantaisistes les unes que les autres ont été kidnappées et il nous incombe d’incarner les différents mercenaires qui vont parcourir les dédales du château afin de les libérer et vaincre le dragon en cause de tout ce remue-ménage.
Ni une ni deux, armé de notre épée, nous sommes lancés dans les salles dudit donjon. Nous commençons par un tour rapide de nos attributs. La possibilité nous est donnée de sauter, de frapper avec notre arme en effectuant des combos, d’esquiver en faisant des roulades, de cibler les ennemis afin de ne pas les perdre de vue, mais également de faire une attaque puissante vers l’avant ou encore de tournoyer sur nous-même en frappant tout ce qui s’approche. De plus, nous trouvons sur le chemin divers consommables aux effets variés, utilisables avec les touches directionnelles.
Tout cela, combiné aux dix coeurs de vie dont nous disposons lors de nos premiers pas, nous a permis de terrasser les ennemis et affronter les premiers pièges avec une grande aisance.

Mais lorsqu’au bout de dix minutes nous libérons notre première princesse et arrivons devant la sortie du niveau, nous sommes pris d’un doute quant au sérieux de la proposition.

Ouf, en réalité nous étions dans un simple tutoriel nous mettant directement les mains dans le cambouis. Une fois arrivé au terme de ce dernier, nous devons choisir un héros parmis deux, changeant à chaque nouveau run et aux caractéristiques aléatoires, variant de léger à lourd en passant par équilibré, l’un ayant plus d’agilité, l’autre plus de vie, quant au dernier il est le subtil mélange des deux.
De plus les deux personnages proposés ont chacun une spécialité : le mousquetaire armé d’un tromblon, préférant le combat longue portée et l’épéiste que nous connaissons déjà.
Préférant rester en terrain connu pour l’instant, nous choisissons de nous mesurer aux ennemis à courte distance.
Nous arrivons ainsi dans la cour du château qui nous sert de QG pour le reste de l’aventure.
Dès nos premiers pas, nous sommes surpris par la disparition de nos capacités spéciales ainsi que de la plupart de nos coeurs de vie. Mais en se baladant dans le centre des opérations, nous rencontrons différents marchands qui nous permettent d’acquérir ces fameuses capacités de combat ou d’améliorer notre santé en échange de points de compétence durement gagnés lors de nos futures pérégrinations dans le donjon.

Il s’agira de trouver le bon cadeau pour la bonne princesse

C’est également en ce lieu que l’on va pouvoir proposer à l’une des princesses libérées de leurs cages de nous accompagner dans notre aventure. Véritable bonne idée, les princesses ont toutes un pouvoir ultime différent permettant d’élaborer différentes stratégies. De l’attaque de zone en passant par l’immobilisation des ennemis ou bien le soin de notre personnage, les pouvoirs sont variés et améliorables en offrant à nos compagnonnes d’infortune des cadeaux lootés lors de nos recherches. Plus difficile qu’il n’y paraît, chaque cadeau est propre à chacune et offrir le mauvais objet à la mauvaise personne le détruira instantanément.

Le bureaucrate nous rend la vie plus facile

Pour finir le tour du propriétaire, sachez qu’un bureaucrate disponible en remplissant certaines conditions devient accessible, facilitant grandement nos runs, ce dernier permettant d’acheter des cartes indiquant l’emplacement exact des différents points importants tels que l’emplacement des boss ou des princesses.
Les niveaux étant procéduraux, nous sommes surpris de cette idée, comme si le jeu, conscient de la lassitude qu’il peut engendrer, avait décidé de nous proposer la possibilité de maîtriser complètement la partie afin de perdre le moins de temps possible en se rendant immédiatement dans les points qui nous intéressent.

À moins d’un pépin y’a peu de chance que ça marche

Nous entrons dans le donjon principal et parcourons quelques salles lorsque nous rencontrons déjà une nouvelle demoiselle en détresse. Cela nous est arrivé quasiment à chaque nouvel essai à tel point que nous avions débloqué toutes les princesses disponibles avant même d’avoir battu le moindre boss. Et c’est donc assez rapidement que nous avons aperçu les plus grandes faiblesses du jeu : son manque de contenu et une difficulté complètement artificielle.

De Vinci es-tu là ?

Expliquons-nous. Le titre propose un nombre de salles, générées de façon aléatoire, très faible. Deux grandes zones sont disponibles, l’intérieur du château et son jardin, chacun disposant d’une salle au trésor ou labyrinthe, d’une prison, d’un canon permettant de passer du château au jardin et de trois boss, le tout relié par des couloirs que l’on connaît rapidement par coeur, nous permettant de vaincre ainsi les ennemis efficacement et d’échapper aux différents pièges disséminés ici et là. Les ennemis que l’on rencontre peuvent être différents mais ce n’est pas le cas de leur lieu d’apparition.

Les ennemis, parlons-en justement. Assez peu nombreux également, ils nous opposent quand même différents défis. À commencer par les Kobolds, sorte de lézards bipèdes qui vont nous attaquer au corps à corps ou à distance. Les verts se laissent abattre aisément tandis que les rouges disposent d’un plus grand nombre de points de vie. Mais le bestiaire compte quelques autres adversaires tels que des armures animées qu’il faudra vaincre par l’arrière ou encore des entités magiques élémentaires très faciles à abattre à distance.
D’autres ennemis existent mais tout comme les salles, une fois l’astuce comprise, les vaincre ne représente plus aucune difficulté.

À l’inverse, les boss sont tout simplement horribles à vaincre avant d’atteindre un certain niveau. La raison est toute simple, ce sont des sacs à points de vie, leurs mouvements sont limités et comme pour les autres adversaires, très simples à maîtriser, mais le peu de cœurs que nous avons en début de partie et la faible puissance de nos armes rend le combat infiniment long. Malgré cela, ces combats demandent dextérité et préparation. Il s’agit d’esquiver les attaques jusqu’à trouver la faille et attaquer de toutes nos forces. Une frustration s’est fait ressentir concernant la némésis du jardin qui inverse toutes nos commandes lorsqu’on lui inflige suffisamment de dégâts : mort obligatoire lors des premières tentatives. Nous comprenons rapidement que les développeurs ont vu ce défaut car une petite zone permettant de s’entraîner spécialement pour ce challenge est disponible juste avant la porte qui nous mène à l’affrontement.

La porte menant au dragon est bien gardée

Le jeu se veut basé sur un système de die and retry et nos premières parties consistent à chercher des consommables pour arriver devant les ennemis bien équipés en potions de soin et autres armes d’attaque à distance. Puis, lorsque nous montons suffisamment en expérience, nous nous apercevons que le plus efficace est tout simplement d’améliorer les dégâts de nos armes, permettant tout à coup de rouler sur tous les ennemis, laissant de côté la recherche d’objets et la maîtrise du gameplay que nous avons obtenue en jouant tant nous pouvons encaisser les coups.

Néanmoins, avant d’en arriver là, se présenter les mains dans les poches devant l’un des deux boss secondaires que proposent le titre, ou face au fameux “dragon”, est une mauvaise idée, nous obligeant ainsi à parcourir les salles annexes afin de monter de niveau et de récupérer au passage quelques babioles. Si les objets de soin font partie des plus utiles, d’autres vont s’avérer essentiels pour commencer. La sarbacane par exemple permet de prendre un peu de recul lorsque l’on est épéiste, quant aux pièges de chevalier, ils stoppent les ennemis temporairement et nous permettent de mettre de la distance entre la chair à canon et nous pour finalement assener un bon coup de tromblon.

Pour faciliter les choses, une pastille de couleur est présente en bas à droite des objets équipés et permet de savoir rapidement si l’objet est à usage unique ou infini : bien vu.

Que nous périssions ou triomphions du donjon, le résultat final est identique : retour dans la cour servant de base afin de dépenser nos plus ou moins nombreux points de compétence durement acquis.

Les princesses sont plus surprenantes les unes que les autres

Outre le fait de dévoiler la carte grâce au cartographe, l’expérience peut également être dépensée pour augmenter notre santé maximale, la puissance de nos attaques de base ou bien débloquer les coups spéciaux de notre classe. Connaissant déjà celle de l’épéiste grâce au tutoriel, nous découvrons en revanche celle du mousquetaire. L’une de ces attaques crée un cône de mitraille, nous faisant faire un bond en arrière, parfait pour se mettre à bonne distance d’une contre attaque. La seconde est une balle explosant à l’impact et infligeant de lourds dégâts. Nous conseillons d’ailleurs de débloquer les principales capacités avant de chercher à améliorer le reste.
Tout cela est en revanche limité par le niveau de chaque catégorie. En effet, se soigner régulièrement fera monter la catégorie vitalité permettant ainsi d’y dépenser nos points. Tout autant que découvrir des salles fait s’élever le niveau du cartographe. Et ainsi de suite.

Les points de compétence sont d’ailleurs l’une des seules raisons qui nous poussent à véritablement explorer le château car battre un maximum d’ennemis fait monter rapidement notre expérience dans le maniement des deux armes disponibles, tout comme découvrir les différentes salles nous octroyant ainsi les fameux sésames.

Il est pas frais mon donjon ?

S’il n’est pas évident de donner une durée de vie à un tel jeu, nous pouvons néanmoins avancer que les runs oscillent entre trente minutes et une heure. Il ne nous en a d’ailleurs pas fallu plus d’une dizaine pour arriver à bout du boss final une première fois.
Les chasseurs de succès et autres jusqu’au boutistes seront quant à eux servis car s’ils ne sont pas difficiles à débloquer, ils demandent néanmoins quelques heures d’investissement supplémentaires pour terminer le jeu, accompagné des huit différentes princesses permettant d’obtenir le Saint Graal des 1000 points.

Certaines salles sont franchement réussies

Côté graphique, le jeu est assez lumineux et lisible. L’effet cell shading n’est pas parfaitement maîtrisé sans pour autant être raté ce qui au début peut faire râler mais s’oublie finalement assez rapidement.
Malheureusement, comme dit plus haut, le level design est également peu varié avec seulement deux environnements et une réutilisation constante des quelques caisses et tonneaux destructibles. Mention honorable aux passages secrets que contient le château et qui permettent tout de même d’avoir quelques surprises.

De plus, plusieurs murs invisibles qui auraient pu être évités sont présents, tout comme des bugs qui n’ont pas entaché notre aventure trop durement mais se sont révélés tout de même désagréables. Notons parmi eux une princesse qui reste bloquée et ne peut plus utiliser son pouvoir ultime, ou la surprise d’avoir deux princesses qui nous accompagnent alors que cela est en principe impossible. Bien évidemment, elles ne pouvaient pas utiliser leurs pouvoirs et nous gênaient dans la gestion de notre caméra. Enfin, plusieurs traductions sont absentes à certains moments.

Pour finir, la sensation que nous avons au sortir de cette aventure n’est pas celle d’une évolution personnelle de nos compétences manette en main comme peut le proposer l’expérience des Soulslike. Au contraire nous avons la nette impression d’avoir simplement transformé un zéro en héros nous permettant ainsi de rouler sur le jeu en étant aussi bon ou mauvais, c’est comme vous voulez, qu’à notre premier essai à la seule différence que nous connaissons désormais la carte et que notre mercenaire fait beaucoup plus mal.

L’équipe créative au complet

Malgré tout, la balade fût agréable et intéressante malgré quelques petits couacs. Nous avons pris du plaisir à vaincre les dangers proposés et aurions finalement simplement aimé plus de contenu pour le prix de 19,99€, ou au contraire un prix plus doux.

Testé sur Xbox Series X

Test – Tower Princess – Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de conjoints