The Boys, saison 3 : qu’est

La série The Boys parle de superhéros. Mais pas au sens classique du terme, ici, ils sont parodiés et deviennent des outils de propagande pour le gouvernement. Surnommés « Supes »[ATTENTION SPOILER – si vous n’avez pas du tout regardé la série, l’article qui suit concerne une des révélations de la saison 1] on apprend dans le courant de la saison 1 que les héros ne le sont pas dès la naissance, mais le deviennent au cours de leur vie, après qu’on leur ait administré dans la petite enfance ou durant la grossesse une drogue mystérieuse qui décuple les capacités : le « composé V », ou compound V dans la version originale.

Bande-annonce The Boys, saison 3. © YouTube, Prime video

On ne naît pas héros, on le devient

The Boys fait référence pour la création du composé V à la Seconde Guerre mondiale : il aurait été créé durant le Troisième Reich. Tout comme dans l’univers Marvel, des expériences visant à améliorer les capacités physiques des hommes pour en faire des armes ont abouti, par la fabrication d’une substance créatrice de superhéros. Dirigées par Frederick Vought, un personnage scientifique nazi spécifique à la série, qui a finalement rejoint l’autre camp pendant la guerre, ces expériences ont permis de créer le Soldier Boy. Ce personnage est présent à la fois dans The Boys, où il est seulement cité, et dans Captain America, où il est le personnage principal !

Des allures de dopage extrême pour les Supes

Bien sûr, dans la réalité, pas de composé miracle qui permet de voler, ou encore de dépasser la vitesse du son en courant. Cependant, améliorer ses capacités physiques de manière chimique n’est pas nouveau, bien au contraire : c’est ce que l’on appelle le dopage. Car le composé V, en plus d’octroyer des capacités extraordinaires, peut servir ensuite de dopant pour les personnes l’ayant reçu dans l’enfance !

Des récits qui datent de l’Antiquité citent l’usage de dopants, pour les Jeux Olympiques ou d’autres compétitions sportives, mais aussi avant de partir pour des batailles. Leur but était le même qu’aujourd’hui, augmenter ses performances : ils utilisaient pour cela des extraits d’animaux considérés « virils », comme le taureau pour être plus fort ou la chèvre pour bondir plus haut. Dans d’autres cultures, ce sont les extraits de végétaux qui étaient privilégiés, contenant notamment de la caféine et la cocaïne dont les effets sont bien connus.

Le composé V de The Boys, un mélange d’hormones et de stéroïdes ?

Le dopage peut passer par plusieurs formes : hormones, transfusion, narcotiques, euphorisants, chacun agissant d’une manière différente. Tout dépend de l’effet voulu : les hormones de croissance, par exemple, augmentent la masse musculaire et diminuent la masse graisseuse. Sécrétées naturellement par le corps humain, des études ont montré qu’elles boostent tout l’organisme, en plus d’améliorer la confiance en soi. De plus, elles ne sont pas détectables par les tests antidopage. Mais loin d’être sans conséquences, elles provoquent notamment un grossissement des os inégal, pouvant aller jusqu’à la déformation de la mâchoire, de l’abdomen ou d’autres régions du corps humain. De même pour les stéroïdes anabolisants qui sont des versions synthétiques de la testostérone

D’autres produits sont utilisés, comme le salbutamol, un médicament contre l’asthme. Un dernier exemple est la transfusion sanguine : le sportif reçoit du sang, soit le sien prélevé quelques mois auparavant, soit celui d’une personne du même groupe sanguin. L’augmentation du volume du sang conduit à augmenter le nombre de globules rouges, et donc, à mieux transporter l’oxygène. Là encore, des conséquences peuvent surgir, notamment par le bouchage de vaisseaux sanguins si le sang est trop épais. On retrouve des points communs avec notre composé V, qui lui aussi crée des effets secondaires chez les Supes, comme la faiblesse du cœur d’A-Train, qui court si vite qu’il dépasse la vitesse du son.

Mais le dopage ne passe pas que par les performances physiques : la consommation de diverses drogues améliorant la concentration et diminuant le stress est tout autant surveillée que les dopants plus « classiques ». Cocaïne pour être plus réactif, amphétamines pour ne plus sentir la fatigue, ou encore narcotiques pour enlever la sensation de douleur, les possibilités sont nombreuses… Alors, est-il possible d’imaginer une substance parmi celles citées en tant que composé V ? Non. Mais un subtil mélange de tous ces ingrédients, peut-être. Si ce n’est que…

Le composé V se transmet génétiquement

Petit hic pour nos divers dopants, dans The Boys, le personnage de Homelander, le plus anti-héros des anti-héros Supes, a un fils. On apprend au cours de la saison 2 que ce fils a hérité des pouvoirs de son père, qu’il commence à développer alors qu’il est encore enfant. Cette découverte implique que le composé V s’immisce directement dans l’information génétique de la personne à qui il est injecté.

C’est là qu’entre en scène l’édition génomique ! Contrairement aux dopants qui visent à améliorer les capacités physiques pendant un temps plus ou moins limité selon les méthodes de dopage, l’édition génomique vise à modifier de façon permanente les gènes d’une personne ! On peut citer notamment la thérapie génique, qui a pour but de soigner des anomalies génétiques en remplaçant des gènes défectueux par d’autres sains. Elle n’est utilisée qu’à des fins thérapeutiques, pour réparer un gène endommagé, voire manquant. Cela peut passer par l’introduction d’acides nucléiques dans les cellules, ou par une méthode d’édition génomique qui nous intéresse particulièrement pour le composé V : les ciseaux moléculaires de CRISPR-Cas9. Ils ont été notamment utilisés en 2018 par le scientifique chinois He Jiankui lors du scandale des bébés OGM qui avait induit de nombreuses autres mutations supplémentaires, en plus de celle voulue qui immunise contre le virus du sida. Depuis, ils ont cependant permis de nombreuses guérisons !

Mais les modifications génétiques créées par les ciseaux moléculaires ne se transmettent pas à la descendance… à moins qu’elles aient eu lieu dans l’embryon, avant le développement du bébé ! Une dernière hypothèse serait une ou des mutations naturelles du génome, qui se transmettraient alors aux enfants du porteur de la mutation. Mais difficile d’imaginer suffisamment de modifications pour en arriver aux facultés des Supes, comme celle des yeux-laser, celle de léviter, de manipuler l’électricité, créer des explosions… Finalement la plupart de leurs performances ne sont pas projetables avec les technologies actuelles, ce qui n’est pas plus mal.

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The Boys, saison 3 : qu’est-ce que le mystérieux composé V ?